Airbus donne le ton à l’ouverture du salon du Bourget

L’A380 d’Airbus participait au spectacle aérien présenté à l’ouverture du salon du Bourget lundi. Airbus a finalement trouvé preneur pour son avion de type superjumbo.
Photo: Agence France-Presse (photo) Éric Feferberg L’A380 d’Airbus participait au spectacle aérien présenté à l’ouverture du salon du Bourget lundi. Airbus a finalement trouvé preneur pour son avion de type superjumbo.

Le Bourget — Les constructeurs aéronautiques ont annoncé pour plus de 25 milliards de dollars de commandes lundi au premier jour du salon du Bourget, les chefs de file Airbus et Boeing s’affrontant durement sur le segment des long-courriers, avec, pour l’instant, l’avantage à Airbus.


La cinquantième édition de la grande foire biennale de l’aviation s’est ouverte lundi matin au nord de Paris sous un ciel d’orage qui a un peu retardé les démonstrations en vol, mais pas les annonces de nouveaux contrats.


L’avionneur européen Airbus, qui aime particulièrement faire ses annonces commerciales au Bourget, a frappé fort avec une grosse commande de 20 superjumbos A380, le seul avion capable de transporter 500 passagers, passée par le loueur Doric et d’une valeur de 8 milliards de dollars (prix catalogue). Mis sur le marché en 2007, l’A380 traversait une mauvaise passe après avoir manqué ses objectifs de vente l’an passé et le carnet de commandes était vierge depuis début janvier, notamment en raison des microfissures découvertes en 2012 sur certains appareils.


Un autre modèle, également long-courrier, et souffrant lui aussi de problèmes de jeunesse, s’est illustré lundi : le B787 Dreamliner de Boeing. Le constructeur de Seattle a annoncé la vente de 10 exemplaires du B787-10 au loueur américain Gecas. Il s’agit de la version allongée du Dreamliner, qui doit être dévoilée par Boeing pendant le salon du Bourget.


Cette commande, d’appareils devant être livrés entre 2019 et 2021, représente un prix catalogue de 2,9 milliards de dollars. Le B787-8, la seule version actuellement en vol, a été cloué au sol en début d’année à cause de problèmes provoqués par ses batteries au lithium.


Boeing a également vendu d’autres long-courriers, neuf B777-300 ER, à la compagnie émiratie Qatar Airways (2,8 milliards de dollars).


Tirant les enseignements des problèmes du B787, Ray Conner, le directeur de la branche d’aviation civile de Boeing, a affirmé être prêt pour la bagarre : « Nous nous sommes aguerris, nous en avons vu des vertes et des pas mûres. »


Boeing évalue la demande pour les long-courriers à 8490 avions (2470 milliards de dollars) dans les 20 prochaines années. L’enjeu commercial est donc de taille pour les avionneurs qui n’hésitent pas à abaisser fortement leurs prix pour attirer les clients.


De son côté, Airbus fourbit ses armes. Commentant le prix de vente réel des A380, le directeur commercial du groupe John Leahy s’est contenté de dire que Doric avait fait une « bonne opération ».


Outre l’A380, Airbus compte surtout sur son futur avion star, l’A350, qu’il a réussi à faire voler la semaine dernière, trois jours avant l’ouverture du salon. Il espère d’ailleurs continuer d’occuper le devant de la scène en organisant un survol du Bourget par l’appareil.


Les ministres des États actionnaires d’EADS, maison mère d’Airbus, se sont réunis et la représentante allemande a affirmé que Berlin était presque arrivé à un accord avec Airbus sur le versement de 600 millions d’euros d’aide promis pour la mise au point de l’A350.


Sur le front des moyen-courriers, sur lequel Airbus a détrôné Boeing, le groupe européen a annoncé une grosse commande de son meilleur client, le groupe de leasing IFLC, qui va acquérir 50 A320neo, la version remotorisée et moins gourmande en carburant de l’A320 (5 milliards de dollars).


Boeing a, quant à lui, vendu quatre 737 MAX (version remotorisée du 737) au Japonais Skymark, et espère bien que le client rafraîchira toute sa flotte avec cette version.


Seulement Airbus et Boeing ne sont plus seuls sur le marché des avions plus petits.


La compagnie brésilienne Embraer a lancé en grande pompe ses jets régionaux E2, nouvelle version plus efficace de ses précédents produits, annonçant 100 commandes fermes et 215 options, dont une bonne partie (100 fermes plus 100 options) à la compagnie américaine SkyWest au prix catalogue de 9,36 milliards de dollars.


En revanche, Bombardier n’a pas annoncé de nouvelles commandes pour son moyen-courrier CS100, avec lequel il compte s’attaquer aux 737 et A320 (voir autre texte).


Hélicoptères et drones


Les constructeurs russes, qui préparent également un moyen-courrier, ont surtout montré pour la première fois à l’étranger l’hélicoptère Kamov-52 Alligator et l’avion de combat Sukhoi-35 qui a fait sensation pendant une démonstration spectaculaire.


Les visiteurs peuvent aussi découvrir le Neuron de Dassault Aviation, précurseur d’un drone de combat européen qui sera exposé sous une bulle, pour protéger ses secrets. Les industriels européens de la Défense ont d’ailleurs répété qu’ils s’estimaient capables de produire un drone de combat satisfaisant pour les armées européennes, qui n’utilisent actuellement que du matériel américain ou israélien.

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