La Banque du Canada redoute la surconstruction de condos

Le marché des condos de Toronto continue d’afficher un haut niveau de logements invendus.
Photo: La Presse canadienne (photo) Frank Gunn Le marché des condos de Toronto continue d’afficher un haut niveau de logements invendus.

Ottawa — Le marché canadien des condominiums est en proie à une surconstruction et à une surévaluation et il représente un risque pour les ménages canadiens, les banques et l’économie en général, a averti jeudi la Banque du Canada dans sa plus récente revue de la santé du système financier du pays.


La banque centrale a évoqué le marché des condos de Toronto en particulier, lequel continue à afficher un haut niveau de logements invendus avant la mise en chantier et avant l’achèvement des tours d’habitation, a-t-elle noté.


Au Canada, la croissance du crédit des ménages a continué de ralentir et est maintenant plus conforme à celle du revenu disponible, et l’activité sur le marché du logement s’est généralement modérée.


Mais la Banque du Canada conserve quelques inquiétudes face au marché de l’habitation, en particulier en ce qui a trait aux condos à Toronto. « Si les logements en chantier n’étaient pas absorbés par la demande lorsqu’ils seront terminés dans les 12 à 30 prochains mois, l’écart entre l’offre et la demande deviendrait plus prononcé, ce qui accroîtrait le risque d’une correction soudaine des prix et de l’activité dans la construction résidentielle, a-t-elle précisé dans sa revue. Toute correction de prix des logements en copropriété pourrait s’étendre à d’autres segments du marché de l’habitation, les acheteurs et les vendeurs adaptant leurs attentes. »


Cela pourrait être le début d’un phénomène que la banque appelle « rétroaction défavorable ». Dans ce scénario, un plongeon des prix des maisons nuit à la valeur nette des ménages, atténue leur confiance et leurs dépenses de consommation, ce qui a un impact sur le revenu et l’emploi. « Il s’ensuivrait un affaiblissement de la qualité du crédit des portefeuilles de prêts des banques et un possible resserrement des conditions du crédit pour les ménages et les entreprises. Cette chaîne d’événements pourrait avoir un effet de rétroaction défavorable sur le marché du logement, en y provoquant un rajustement excessif des prix. »

 

Correction en douceur


La banque précise que ce n’est pas son scénario dominant. En fait, elle prévoit toujours que la correction du marché immobilier se fera en douceur. « Des indicateurs simples continuent cependant de tendre vers une certaine surévaluation dans le marché du logement : les prix des maisons sont élevés au regard du revenu et la question de l’accessibilité à la propriété pourrait devenir préoccupante lorsque les taux d’intérêt commenceront à revenir à la normale. »


OCDE


La semaine dernière, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a nommé le Canada comme l’une des trois économies du monde développé où le marché de l’habitation est le plus surévalué. Un certain nombre de chocs pourrait faire tomber le château de cartes immobilier du Canada, a indiqué la banque, notamment une hausse des coûts d’emprunt pour tout ménage canadien déjà aux prises avec un fort taux d’endettement.


Mais même si le scénario du pire ne se produit pas, poursuit la banque, il faudra un certain temps avant de voir une résolution aux déséquilibres du secteur immobilier, qui se sont accumulés sur de nombreuses années.

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