Projets d'éoliennes - Les contrats de gré à gré servent l’économie régionale, croit Québec

Lors de l’étude du projet de loi 25, le ministre Nicolas Marceau avait sorti de son chapeau trois amendements, dont l’un permettait à Hydro-Québec de se soustraire à l’obligation de procéder par appel d’offres pour obtenir de l’énergie éolienne.
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Lors de l’étude du projet de loi 25, le ministre Nicolas Marceau avait sorti de son chapeau trois amendements, dont l’un permettait à Hydro-Québec de se soustraire à l’obligation de procéder par appel d’offres pour obtenir de l’énergie éolienne.

Québec — Le gouvernement Marois compte sur le tollé en Gaspésie et dans le Bas-Saint-Laurent pour influer sur les libéraux et les caquistes après leur refus de permettre à Hydro-Québec de signer des contrats de gré à gré pour l’érection de parcs d’éoliennes.


À l’Assemblée nationale, le ministre des Finances et de l’Économie, Nicolas Marceau, a accusé les libéraux et les caquistes d’être contre la Gaspésie, le Bas-Saint-Laurent et les Îles-de-la-Madeleine.


En mai dernier, le gouvernement Marois avait annoncé qu’Hydro-Québec achèterait 800 MW d’énergie éolienne supplémentaire, pour un investissement total de 2 milliards de dollars. Un bloc de 450 MW ferait l’objet d’appels d’offres, 200 MW seraient développés par Hydro-Québec, une première, et 150 MW seraient octroyés de gré à gré à un projet des Micmacs de la Gaspésie.


Appuis locaux


« C’est la tempête en région, autantchezles autochtones que du côté de la Conférence régionale des élus, des préfets, des CLD, des MRC », a signalé le ministre délégué aux Régions et député de Gaspé, Gaétan Lelièvre, dans un entretien accordé au Devoir. Tous les leaders locaux appuient le projet autochtone, a-t-il mentionné.


Lors de l’étude article par article du projet de loi 25 qui met en oeuvre certaines dispositions du budget, Nicolas Marceau avait sorti de son chapeau trois amendements, dont l’un visait à permettre à Hydro-Québec de se soustraire à l’obligation de procéder par appel d’offres pour obtenir de l’énergie éolienne. Mardi soir, le ministre a dû retirer les trois amendements afin que l’opposition accepte de voter en faveur du projet de loi 25, qui fut finalement adopté.


Gaétan Lelièvre a souligné qu’il est important que le projet des Micmacs de la Gaspésie soit lancé le plus rapidement possible afin d’éviter l’épuisement des carnets de commandes des usines en 2015. L’industrie éolienne emploie 800 personnes en Gaspésie et dans le Bas-Saint-Laurent, principalement chez LM GlassFiber à Gaspé, Marmen à Matane et Fabrication Delta à New Richmond. Pour l’ensemble du Québec, ce sont 2000 emplois qui dépendent de la filière.


Pour le chef libéral Philippe Couillard, les amendements sont « encore une fois une démonstration de l’improvisation et du caractère brouillon de ce gouvernement ». Il a soutenu que pour un bloc de 450 MW, un appel d’offres aurait pu être lancé. « C’est complètement faux de dire que cet enjeu met en péril le développement de la région », juge-t-il.


Pour Raymond Bachand, porte-parole libéral en matière de finances, rien n’empêchait le gouvernement Marois de lancer un appel d’offres l’automne dernier. En juin 2012, en prévision des élections, Jean Charest avait d’ailleurs annoncé que son gouvernement irait de l’avant avec un appel d’offres touchant 700 MW d’énergie éolienne. Quant au contrat de gré à gré visant le projet des Micmacs, Raymond Bachand s’est dit ouvert à en discuter dans une autre un contexte que le projet de loi 25.


À la Coalition avenir Québec, le porte-parole en matière de ressources naturelles, François Bonnardel, a surtout insisté sur le fait que l’achat de 800 MW d’énergie éolienne supplémentaire par Hydro-Québec gonflerait à terme les tarifs d’électricité de 1,9 %, selon les calculs de la société d’État.


Les deux autres amendements rejetés par l’opposition portaient aussi sur Hydro-Québec. Le premier visait à autoriser la société d’État à investir dans l’électrification du transport en commun, et l’autre, à permettre à Hydro-Québec Production de racheter les surplus d’électricité d’Hydro-Québec Distribution afin de les revendre sur les marchés d’exportation.

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8 commentaires
  • Carole Dionne - Inscrite 13 juin 2013 01 h 35

    Tout un raisonnement

    On perd de l'argent en vendant de l'électricité à rabais de nos barrages. Mais on va payer pour construire des éoliennes, des quelles le coût en électricité est faramineux mais pas grave, cela va faire travailler le monde..... tant que l'on est au pouvoir.

    • Hélène Paulette - Abonnée 13 juin 2013 10 h 15

      @Dionne: est-ce que ce n'est pas ce qui compte,de nos jours ''faire travailler le monde''? On subventionne les corportions à coup de millions pour ''faire travailler le monde''... Et on coupe dans l'aide sociale qui est, on doit le rappeler, une subvention directe aux petits commerces de proximité... Si vous viviez en Gaspésie, à l'heure de la nouvelle loi sur le chômage, qu'elle serait votre opinion?

  • Claude Lafontaine - Abonné 13 juin 2013 10 h 25

    Il serait temps de clarifier

    C'était jusqu'à maintenant bien difficile de trouver la logique qui justifie le lancement de nouveaux projets de parcs d'éoliennes, maintenant on dit que de le faire nécessitera d'augmenter d'environ 2% les tarifs d'électricité... il est plus que temps que quelqu'un du gouvernement, qui a un bon sens de la synthèse, viennent sur la place publique nous présenter une vue globale de tout ça et nous explique ce qui justifie de garder le cap avec ces projets là.

    Le prix de l'énergie électrique aux USA ayant littéralement "tombé" après l'arrivée massive de gaz de schiste sur le marché (depuis 2009-10) Hydro-Québec ne peut plus écouler avec un gain ses surplus d'énergie et tout indique qu'elle risque de devoir continuer pour encore une décennie à acheter à perte l'énergie produite par les parcs déjà en service ou déjà autorisés; alors comment justifier de continuer à empirer la situation c'est la question que plusieurs se pose.

    Nous savons qu'un des objectifs qui ont justifié le lancement du programme de parcs éoliens en Gaspésie il y a une dizaine d'années était de créer des emplois à court et long terme dans cette région qui en avait bien besoin et ça cadre avec la mission de l'État d'orienter lorsqu'il le peut l'économie pour favoriser le développement d'une région. Mais logiquement, les efforts financiers que l'État consent pour soutenir le développement économique ne devraient pas être plus grands que ce que l'ensemble des retombées économiques vont donner pour l'État; ce qui est loin d'être évident maintenant, d'où la nécessité de s'expliquer (je sais l'État ne le fait pas généralement, mais là...).

    Les Libéraux qui font de l'obstruction, n'ont quant à moi aucune crédibilité, on pourrait par exemple leur demander de justifier pourquoi eux ils ont garder pour la fin du programme l'ouverture aux projets coopératifs (ex: municipaux, communautaires), ils ont plutôt favorisé les grands investisseurs pour lesquels ces projets étaient une vraie manne.

    • Dominic Lamontagne - Inscrit 13 juin 2013 12 h 16

      Continuons d'écouter la commission Charbonneau pendant que notre gouvernement continu de nous voler....

      n'oublions pas que les québécois financent déjà l'électricité des Américains en payant 8c le Kwh que nous vendons 4c... et les prix vont continuer de baisser...

    • Rémi-Bernard St-Pierre - Abonné 13 juin 2013 19 h 00

      Point de vue intéressant.
      Pour ce qui est des coûts de productions, a ce que j'en comprend cependant, jeux vaut abandonner le projet de La Romaine pour passer à l'éolienne.
      Pour ce qui est de la production d'électricité avec le gaz de schiste, vous me l'apprenez. Est-ce un coût de dé? Il est vrai qu'on ne parle plus de Kyoto mais théoriquement les économies polluantes ne devraient pas être gagnantes .. Donc finalement le prix pourrait redevenir intéressant ....

    • Louka Paradis - Inscrit 13 juin 2013 21 h 43

      à D. Lamontagne : Les mots ont leur sens et leur poids, alors il ne faut pas les galvauder. Écrire «pendant que notre gouvernement continu de nous voler....» est erroné, car on ne peut qualifier de «vol» des décisions économiques avec lesquelles on n'est pas d'accord, et surtout pas en associant l'affirmation avec la Commission Charbonneau où l'on voit défiler des bandits et des corrupteurs. La modération a bien meilleur goût, en tout...

      Louka Paradis, Gatineau

  • Claude Lafontaine - Abonné 13 juin 2013 22 h 27

    Encore la stratégie des Libéraux

    Si j'oublie la question presque existentielle que je soulevais plus tôt (justification de maintenir le cap avec les projets de développement éolien) et que je me limite à considérer l'attitude et les agissements des Libéraux sur ce dossier, ils font encore de l'obstruction pour faire de l'obstruction, ils profitent encore de la situation pour se faire du capital politique et ils le font avec une arrogance qu'ils sont les seuls à pouvoir égaler.

    En supposant que le 800 MégaWatts additionnel est justifié, les trois amendements à la loi 25 proposés par le ministre Marceau permettraient 1) d'accorder à la communauté MicMac de la Gaspésie 2) permettrait à Hydro-québec d'amorcer des investissements dans l'électrification des transports en commun (une stratégie péquiste) et 3) la dernière que je comprends mal doit avoir un incidence fiscale favorable à la vision du PQ. Hors le PLQ les rejète toutes les trois, pourquoi ? Il semble bien qu'ils s'objectent pour s'objecter (c'est la stratégie Libérale qui revient continuellement) et en bloquant la première il semble évident qu'ils bloquent du coup la possibilité d'accorder aux MicMacs de gré-à-gré le parc d'éoliennes, mais ils prétendent que non (cherchez l'erreur).

    Quant à leur blocage des deux autres amendements c'est encore évident que c'est juste pour faire obstruction au PQ, ils n'ont pas de rationnel pour justifier leur position.

    Les Libéraux reprochent aussi au PQ d'avoir tardé à lancer les appels d'offre pour le bloc de 450 Mwatts, mais qui peut blâmer le PQ d'avoir pris le temps d'analyser globalement la situation avec tout le programme éolien avant de décider de tout arrêter ou de continuer ?

  • Daniel Bérubé - Inscrit 14 juin 2013 10 h 59

    Serait-il possible ?

    Que les libéraux ne s'intéresse d'aucune façon à la création d'emplois au B.S.L. ou en Gaspésie, considérant le peu d'électeurs libéral dans ces secteurs ? S'ils ne peuvent y faire élire de leurs représentantsES, aussi bien fermer ces secteurs... et vive la centralisation !

    Il demeure décevant que Q.S. soit maintenant plus de couleur libéral qu'autres...