Acquisition de sprint - SoftBank lance une dernière offre agressive pour coiffer Dish à l’arrivée

Tokyo — Le groupe japonais de télécommunications SoftBank a annoncé mardi qu’il relevait à 21,6 milliards de dollars son offre amicale de rachat du troisième opérateur de services cellulaires américain Sprint Nextel, lequel a approuvé cette nouvelle offensive qui met le rival Dish Network au pied du mur.


Cette décision d’augmenter de 1,5 milliard la proposition initiale pour prendre 78 % de Sprint (au lieu de 70 %) intervient alors que SoftBank affronte une contre-offre formulée par Dish, bouquet de TV par satellite, qui a jusqu’à présent proposé 25,5 milliards pour s’emparer de Sprint.


« L’accord Sprint-Softbank amendé donne une plus grande importance à la part versée en liquide aux actionnaires et leur octroie plus de certitude », ont expliqué les deux firmes dans un communiqué conjoint. Le comité spécialement mis en place et le conseil d’administration de Sprint ont approuvé à l’unanimité l’accord de rapprochement modifié et ont recommandé aux actionnaires de voter pour la transaction SoftBank.


Le groupe japonais, fondé et dirigé par Masayoshi Son, versera 16,6 milliards aux actionnaires et recapitalisera Sprint à hauteur de 5 milliards, réallouant ainsi 4,5 milliards de plus aux détenteurs de titres pour les convaincre de ne pas préférer Dish.


Une assemblée des actionnaires de Sprint, qui était prévue mercredi 12 juin pour se prononcer sur l’offre SoftBank, a finalement été reportée au 25 afin de laisser le temps aux intéressés d’étudier la nouvelle offre de SoftBank, qui est a priori plus attrayante. La date limite pour permettre à Dish de déposer un contre-projet « meilleur et ultime » est désormais fixée au 18 juin, ont précisé Sprint et SoftBank. « Nous continuons de croire que Sprint a une valeur énorme. Nous allons analyser l’offre amendée de SoftBank et étudier nos options stratégiques », a réagi Dish dans un communiqué.


Le gestionnaire d’investissements Paulson, deuxième plus important actionnaire de Sprint, a annoncé son intention de voter en faveur de la transaction SoftBank. L’opérateur japonais argue en outre qu’avec Sprint, il deviendrait le plus gros client d’équipementiers et de fabricants de smartphones et que cela se traduirait par d’importantes économies d’échelle que Dish serait bien incapable de revendiquer, n’ayant pas d’activité mobile « et aucune expérience en la matière », notamment pour le déploiement d’un réseau plus rapide (à la norme LTE).


Si les actionnaires de Sprint finissent par approuver le mariage avec SoftBank, il restera encore à obtenir l’imprimatur du gendarme américain du secteur, la Federal Communications Commission (FCC).

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