Les Québécois seront «affranchis de l’impôt» le 18 juin

Dans son exercice annuel, l’Institut Fraser fixe au 18 juin la journée d’affranchissement de l’impôt des ménages québécois cette année. C’est trois jours plus tard que l’an dernier, hausse du taux d’impôt des revenus supérieurs et redressement économique obligent. Et le Québec n’est, une nouvelle fois, devancé que par Terre-Neuve dans la liste des contribuables soumis au plus lourd fardeau fiscal.

Déjà en 2012, la libération fiscale était survenue quatre jours plus tard qu’en 2011, en réaction à la décision du gouvernement québécois d’augmenter son taux de taxe de vente. Cette année, la date d’affranchissement se veut plus tardive encore, augmentant de trois jours pour passer au 18 juin. Seule Terre-Neuve-et-Labrador fait pire, avec la date du 22 juin. À l’opposé, la libération fiscale touche d’abord les Albertains (19 mai) alors qu’en Ontario, ce jour survient le 9 juin cette année.


Dans ses explications l’Institut Fraser fait ressortir la hausse du taux d’imposition des contribuables gagnant un revenu de plus de 100 000 $, qui voient leur taux marginal s’établir à 49,97 %. S’ajoute le redressement de l’économie québécoise. En raison du régime fiscal plus progressif au Québec, les ménages voient leur fardeau fiscal croître sous l’impact d’une hausse de leurs revenus accompagnant l’accélération de l’activité économique. Cette croissance stimule également la consommation, ce qui signifie plus de taxes payées.


En 2013, la famille québécoise moyenne composée de deux personnes ou plus touchera un revenu de 84 498 $ et paiera un total de 38 671 $ en impôts et taxes, soit 45,8 % de son revenu, a souligné Fraser. « Sa facture d’impôt totale augmentera de 1340 $ en 2013, soit une hausse de 3,6 % par rapport à l’an dernier, alors que les revenus n’augmenteront que de 2,2 %. »

 

Les limites de l’exercice


Cela dit, cet exercice annuel du think tank de droite est de portée très limitée. Le calcul omet l’autre partie de l’équation, à savoir la couverture sociale plus élargie au Québec et le coût des services, généralement parmi les plus faibles ici. Dans un sens plus large, il ne tient pas compte de l’impôt des entreprises, de la fiscalité des individus, des incitatifs fiscaux tels que les REER, les REEE, les CELI, les fonds de travailleurs et autres instruments fiscalisés. Sans oublier que le calcul fait fi des mécanismes de redistribution et omet les contribuables ne payant pas d’impôt dans les deux extrémités du spectre avec, au Québec, une portion toujours plus nombreuse dans la partie inférieure de la courbe de distribution des revenus.


Rappelons que des sommets avaient été observés avant la récession de 2008-2009. Au Québec, ce jour d’affranchissement était arrivé le 19 juin en 2008, le 24 juin en 2007 et le 26 juin en 2005. Il avait touché son niveau le plus élevé de la décennie en 2000, en se situant alors au 4 juillet.

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