Le p’tit bonheur de vivre au Canada

De jour comme de nuit, le Canadien se sent en sécurité quand il marche dans les rues de son pays.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir De jour comme de nuit, le Canadien se sent en sécurité quand il marche dans les rues de son pays.

Le Canada a regagné trois places depuis l’an dernier et occupe désormais le troisième rang des pays riches où il fait bon vivre, en vertu d’un nouvel indicateur du bien-être de l’OCDE.


Basé sur 24 mesures différentes portant sur 11 domaines allant de la prospérité économique au sentiment de satisfaction face à la vie, en passant par la santé, l’éducation ou encore l’équilibre travail-vie, la troisième mouture de « l’Indicateur du vivre mieux » de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) permet ainsi de placer le Canada tout juste derrière l’Australie et la Suède, mais devant la Norvège, la Suisse et les États-Unis, sur les 34 pays membres de ce club des pays riches, plus le Brésil et la Russie. Le Canada s’était d’abord classé deuxième, lorsqu’une première version de l’indicateur avait été lancée, à l’automne 2011, avant de reculer l’an dernier au sixième rang, à la faveur, notamment, de quelques changements méthodologiques.


« Notre Indicateur du vivre mieux va au-delà des chiffres froids et bruts du [produit intérieur brut], pour comprendre réellement ce qui compte pour les gens, mais aussi ce qu’ils veulent et attendent de leur vie et de la société », a déclaré le secrétaire général de l’OCDE, José Ángel Gurría, au moment de dévoiler sa dernière mise au jour, mardi.

 

La sécurité, la santé et les garderies


L’OCDE n’établit pas vraiment de classement général des pays. Les observateurs et les médias le font à sa place en faisant simplement la moyenne des scores réalisés dans chacun des 11 domaines étudiés sans chercher à établir de hiérarchie entre eux.


Le Canada fait relativement bien dans tous les domaines, mais son plus grand point fort est la sécurité. Entre autres indicateurs cités, on rapporte, par exemple, que 81 % de ses citoyens disent se sentir en sécurité lorsqu’ils marchent seuls dans les rues la nuit, comparativement à une moyenne de 67 % dans l’OCDE.


Le Canada se démarque aussi en matière de santé. Entre autres parce que 88 % de sa population se dit « en bonne santé » (contre une moyenne de 69 % dans l’OCDE) et que les différences entre hommes et femmes, riches et pauvres, en ce domaine, sont aussi plus faibles qu’ailleurs.


Les statistiques internationales montrent aussi que le Canada a non seulement l’un des plus forts taux de diplomation secondaire de l’OCDE (88 % contre une moyenne de 74 %), mais qu’il est également « l’un des pays les plus performants en ce qui concerne la qualité de son système éducatif ».


Il se démarque aussi en matière environnementale grâce à un niveau de pollution de l’air inférieur aux autres et un accès supérieur à de l’eau propre. L’OCDE remarque également que sur le plan de l’équilibre travail-vie, « le Québec semble disposer de la série la plus complète de mesures favorables à la famille, notamment des mesures de soutien à la garde d’enfants pendant et en dehors [sic] des heures scolaires, des aides pour les parents qui travaillent et un congé de paternité ».

 

Écarts de revenus


« Même si l’argent ne fait pas le bonheur », le Canada présente aussi un meilleur niveau de vie avec un revenu annuel moyen disponible de 28 200 $US par ménage contre une moyenne de 23 000 dans l’OCDE. Ces revenus comportent toutefois « des écarts considérables », les 20 % les plus riches gagnant environ 5 fois plus que les 20 % les plus pauvres.


Le Canada fait aussi moins bonne figure en matière d’engagement civique, en raison, notamment, de son taux de participation de seulement 61 % aux dernières élections, contre une moyenne de 72 % dans les pays de l’OCDE.


En général, les Canadiens se montrent légèrement plus satisfaits de leur vie que la plupart des citoyens de l’OCDE. Près de 82 % d’entre eux disent vivre plus d’expériences positives au cours d’une journée moyenne (sentiment de repos, plaisir, fierté du travail accompli, etc.) que d’expériences négatives (douleur, inquiétude, tristesse, ennui, etc.). La moyenne dans l’OCDE est de 80 %.


« Les Canadiens savent qu’ils vivent dans un pays remarquable, s’est félicité le ministre fédéral du Commerce international, Ed Fast. C’est la troisième année consécutive que l’OCDE confirme cette réalité pour le reste du monde. »


À chacun ses priorités


Cela fait des années que les experts et de nombreux organismes cherchent de meilleurs outils de mesure du progrès humain que l’habituel produit intérieur brut, qui fait l’impasse sur tant d’autres facteurs importants. L’un des grands défis est d’arriver à couvrir le maximum de facettes de la condition humaine, de trouver des indicateurs fiables et de synthétiser tout cela dans un indicateur unique. Celui proposé par l’OCDE est l’une des expériences les plus abouties à ce jour, mais il s’est tout de même attiré des critiques, entre autres pour sa façon réductrice d’évaluer les impacts environnementaux.


L’OCDE invite d’ailleurs les gens intéressés à se rendre sur un site Internet (www.oecdbetterlifeindex.org/fr/) où ils peuvent voir les points forts et les points faibles de chaque pays et établir des classements en fonction de leur propre pondération des différents facteurs mesurés.


Depuis son lancement, l’expérience a déjà permis d’attirer 24 000 utilisateurs qui ont accepté de partager leurs préférences. Cela a permis de constater que la satisfaction à l’égard de la vie, la santé et l’éducation sont généralement perçues comme des facteurs de bien-être plus importants que les conditions matérielles, mais que cela est plus vrai en Amérique du Nord qu’en Afrique ou en Amérique latine. Les hommes et les femmes se ressembleraient beaucoup, même si les premiers accorderaient un peu plus d’importance aux revenus, tandis que les secondes privilégieraient un peu plus les liens sociaux, la santé et l’équilibre travail et vie privée. L’importance accordée à la santé et à l’engagement civique irait aussi en grandissant avec l’âge, les jeunes accordant plus de valeur, pour leur part, à l’équilibre famille-travail.

5 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 29 mai 2013 07 h 48

    Canadiens et canadiennes

    Les canadiens et les canadiennes sont pleinement conscient de la chance qu'ils ont eu de naître dans le «plusse meilleur» pays du monde.
    Sous «la suprématie de Dieu et la primauté du droit», «le canadien grandit en espérant».
    Merci / Thank you

  • Mario Jodoin - Abonné 29 mai 2013 08 h 32

    Il aurait été bon...

    ... de rappeler que Luc Godbout et Marcellin Joanis ont appliqué les mesures de cet indice au Québec en 2012 (pour leur livre «2011 Le Québec économique Un bilan de santé du Québec») et sont arrivés à la conclusion que le Québec se classerait premier ou deuxième au monde selon cet indice s'il était un pays.

  • André Michaud - Inscrit 29 mai 2013 09 h 09

    Chanceux

    Plus je vieillis et regarde la situation dans les autres pays et plus je me considère extrêmement chanceux d'être né au Canada. Pas question pour moi de déménager et changer de pays.

    Hélas certains ne réalisent pas leur chance d'être canadien..

    • Jérémie Poupart Montpetit - Inscrit 29 mai 2013 14 h 21

      Et que dire, nous serions encore plus chanceux d'être québécois, puisque selon le texte présenté, la trois quart des mesures reliées à la santé et à la famille sont dirigée par la figure de proue que représente le québec...

      c'est tout dire !

  • Robert Vital - Inscrit 29 mai 2013 17 h 28

    J'ai un pays

    Il s'appele le Canada. J'en suis fier. Ce texte le confirme. Royalement tanné d'entendre les séparatistes condamner mon pays tout les jours, en prétendant qu'on serait encore plus chanceux d'habiter dans un Québec indépendant.