Le ralentissement du marché de l’habitation inquiète les conseillers hypothécaires

Toronto – Le marché canadien de l’habitation est en train de ralentir sérieusement en ce qui a trait aux ventes et à la construction, plombant la croissance économique et mettant en péril quelque 150 000 emplois au cours des années à venir, met en garde l’Association canadienne des conseillers hypothécaires accrédités (ACCHA) dans son rapport printanier.


L’ACCHA n’est pas allée jusqu’à qualifier d’effondrement la glissade qui a débuté il y a environ neuf mois, mais son dirigeant, Jim Murphy, a affirmé mercredi que les responsables des politiques devraient cesser de resserrer les règles sur les prêts hypothécaires et commencer à penser aux premiers acheteurs.


« Ils en ont assez fait en matière de modifications à la réglementation, et nous constatons un réel ralentissement du marché de l’habitation dans son ensemble. Le gouvernement voulait que cela arrive, mais la question est combien […] et l’impact que cela a sur l’économie, a indiqué M. Murphy. Certaines personnes pensaient que le marché reprendrait [ce printemps]. Il n’a pas repris. »


Depuis qu’Ottawa a resserré les règles sur les prêts hypothécaires l’été dernier, la revente de logements a diminué de 8,3 % et les mises en chantier, de 15 %. Elles devraient chuter davantage, affirme l’ACCHA dans son document.


Néanmoins, près de la moitié des propriétaires canadiens ont l’intention d’acheter une propriété au cours des cinq prochaines années, malgré le ralentissement observé sur le marché de l’immobilier au pays, selon un rapport de la Banque de Montréal.


Dans son rapport sur la confiance dans le marché de l’immobilier, rendu public mercredi, l’institution bancaire indique que la confiance continue d’être élevée dans le marché de l’immobilier. Les données régionales apportent une lecture différente de la situation, précise cependant BMO.


Dans les grands centres urbains, les intentions d’acheter ont augmenté à Vancouver, tandis qu’à Calgary, elles ont chuté de 13 %. Les intentions d’acheter dans la grande région de Toronto et à Montréal - à 59 % - sont demeurées stables.


À l’échelle provinciale, c’est dans les provinces de l’Atlantique que les intentions d’acheter ont augmenté le plus fortement, ayant fait un bond de 15 % depuis l’automne.


Par ailleurs, 10 % des propriétaires prévoient faire l’achat d’une propriété de loisirs au cours des cinq prochaines années, ce qui représente une baisse de deux points de pourcentage par rapport à l’automne dernier.


Martin Nel, vice-président aux produits de crédit et de placement chez BMO Banque de Montréal, a affirmé que la « vigueur relative » du marché canadien de l’immobilier continuait de favoriser la confiance des propriétaires.