Apple nie vouloir échapper au fisc

Tim Cook juge que le fisc est trop gourmand à l’égard des entreprises qui veulent rapatrier des fonds aux États-Unis.
Photo: Eric Risberg Associated Press Tim Cook juge que le fisc est trop gourmand à l’égard des entreprises qui veulent rapatrier des fonds aux États-Unis.

New York — Le géant américain Apple, qui a récemment préféré s’endetter plutôt que de rapatrier aux États-Unis les liquidités qu’il détient à l’étranger, ne cherche pas à échapper aux impôts, a affirmé vendredi son patron Tim Cook, qui plaide néanmoins pour une réforme fiscale.


« Apple ne redirige pas ses bénéfices domestiques vers l’étranger », a assuré Tim Cook au site américain d’informations politiques Politico. « Nous payons des impôts sur tous les produits que nous vendons aux États-Unis, et nous payons chaque dollar que nous devons ». Le groupe informatique « Apple est probablement le plus gros contribuable parmi les entreprises aux États-Unis », a-t-il indiqué dans une autre interview au quotidien Washington Post, estimant que « si on combine [les échelons] local et national, Apple paye environ l million de dollars par heure rien qu’en impôts » aux États-Unis.


Tim Cook a donné ces deux interviews en préparation d’une audition à laquelle il doit participer mardi à Washington devant une commission du Sénat, qui s’en était déjà prise l’an dernier à deux autres groupes informatiques, Microsoft et HP.


Beaucoup d’entreprises américaines du secteur des hautes technologies conservent d’importantes liquidités à l’étranger, certains y voyant un moyen d’alléger leur facture fiscale. Dans le cas du groupe à la pomme, elles sont estimées à une centaine de milliards de dollars.


Apple a pourtant récemment préféré s’endetter pour financer des dividendes et des rachats de titres promis à ses actionnaires, avec un emprunt record de 17 milliards, plutôt que de rapatrier une partie des fonds aux États-Unis. Les analystes ont souligné que cela lui aurait coûté plus cher en impôts que les taux d’intérêt d’un emprunt.


Tim Cook compte d’ailleurs profiter de l’audition pour proposer une « simplification drastique » de la législation fiscale américaine, a-t-il indiqué au Washington Post. « Aujourd’hui, pour rapatrier des liquidités aux États-Unis, vous avez besoin de payer 35 % du montant. Et c’est un chiffre très élevé, a-t-il souligné. Nous ne proposons pas que ce soit zéro », a-t-il poursuivi, « mais je pense que ça doit être raisonnable. »

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