Les prochains mois seront cruciaux pour Rona

Robert Sawyer, un expert en redressement d’entreprises, était chez Metro avant d’accepter la présidence de Rona.
Photo: La Presse canadienne (photo) Paul Chiasson Robert Sawyer, un expert en redressement d’entreprises, était chez Metro avant d’accepter la présidence de Rona.

Boucherville — Rona traverse une période de transition, mais les prochains mois seront cruciaux, a laissé entendre mardi le nouveau président en faisant le détail du programme : continuer de repositionner Réno-Dépôt, redresser les grandes surfaces hors Québec et réviser la stratégie de différenciation de Rona.


Réunis en assemblée pour la première fois depuis l’intention d’achat avancée par le géant américain Lowe’s, les actionnaires de Rona ont d’ailleurs appris mardi au siège social que la compagnie a décidé de ne pas larguer sa trentaine de grands magasins situés à l’extérieur du Québec.


« Ces magasins ont un bon chiffre d’affaires ; […] 15, 20, 25 millions par surface », a dit lors d’une rencontre de presse le nouveau président de Rona, Robert Sawyer, en poste depuis le 8 avril seulement. « On ne sort pas de l’Ontario, et c’est une maudite bonne nouvelle, ça, pour les employés de ces magasins-là et pour nos gens du siège social. »


Il n’est pas impossible que certains d’entre eux soient transformés en commerces franchisés ou simplement fermés, a dit la direction, qui publiera un plan d’action au cours des prochains mois.


Invité à prédire la réaction de Rona si une nouvelle offre d’achat se manifestait, le nouveau président du conseil, Robert Chevrier, a dit qu’« on ne peut pas empêcher un coeur d’aimer ». « On la présenterait au conseil, mais ce n’est pas dans les cartons », a-t-il dit.


Le premier trimestre a été difficile. La compagnie a affiché une perte nette de 40 millions, contre 12,5 millions l’an dernier. Son chiffre d’affaires s’est établi à 929,4 millions, en baisse de 0,5 %.


Selon le chef de la direction financière, Dominique Boies, la concurrence a été plus vive et les activités promotionnelles ont tourné à plein régime alors que la rénovation et la construction ont été faibles. D’autant plus que le prix de certains matériaux, comme le bois d’oeuvre, a augmenté plus vite que le prix de vente et que le printemps s’est fait attendre.


Les investisseurs ont réagi en retranchant 5 % à l’action de Rona, qui a terminé la séance à 10,12 $. Sur un an, le titre a perdu 1,3 %, alors que l’indice principal de la Bourse a progressé de plus de 7 %.


Rona possède environ 19 % du marché canadien avec un modèle hybride : 838 magasins, dont 353 affiliés et 240 qui lui appartiennent en propre sous diverses enseignes.


Mais la compagnie a déjà identifié des économies de 35 à 45 millions qu’elle pouvait réaliser par la réduction de personnel et la renégociation de contrats. À ce jour, les économies réalisées atteignent 17 millions, a indiqué la direction mardi. La compagnie a aussi fermé cinq magasins à grande surface en 2012.


M. Sawyer a dit que cette réduction d’effectifs a touché environ 200 personnes dans les centres administratifs.

 

Gros changements


Lorsque Lowe’s a offert 1,8 milliard pour Rona à l’été 2012, le conseil d’administration a balayé la proposition du revers de la main, alors que certains actionnaires, comme le groupe torontois Invesco (Trimark), ont mal digéré ce refus catégorique. La classe politique et le milieu des affaires s’étaient montrés inquiets que Rona, qui s’approvisionne énormément au Québec et au Canada, puisse passer entre des mains étrangères.


Depuis, les choses ont beaucoup changé. Les actionnaires ont élu mardi un nouveau conseil d’administration, dont l’arrivée de plusieurs membres après une entente avec deux actionnaires qui représentent 25 % des droits de vote, soit la Caisse de dépôt et placement du Québec et Invesco (Trimark). Le nouveau président du conseil, Robert Chevrier, était auparavant président du conseil de Quincaillerie Richelieu.


Quant à M. Sawyer, un expert en redressements, il était auparavant vice-président exécutif et chef de l’exploitation chez Metro.


Son prédécesseur, Robert Dutton, est parti en novembre 2012. Quelques semaines plus tard, M. Boies, qui agissait comme grand patron par intérim, a dit qu’il fallait simplifier les choses après avoir passé des années à faire des acquisitions.

1 commentaire
  • Marc Bergeron - Inscrit 15 mai 2013 19 h 21

    Espère qu'ils réussiront

    à sortir l'entreprise de cette mauvaise posture et que les actionnaires auront le désir de conserver cette entreprise de chez-nous. Bon succès.