Libre-échange États-Unis–Union européenne - Tout doit être sur la table, prévient Londres

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	Le premier ministre britannique, David Cameron, et le président américain, Barack Obama, au cours d’une conférence de presse commune à la Maison-Blanche.</div>
Photo: Agence France-Presse (photo) Jim Watson
Le premier ministre britannique, David Cameron, et le président américain, Barack Obama, au cours d’une conférence de presse commune à la Maison-Blanche.

La Grande-Bretagne a prévenu lundi que tout devait « être sur la table » des négociations sur l’accord de libre-échange entre les États-Unis et l’Union européenne, alors que la France veut exclure l’exception culturelle des discussions.

« Tout doit être sur la table, y compris les questions difficiles, sans exception », a estimé le premier ministre britannique, David Cameron, dans une allocution à la Maison-Blanche, à Washington, aux côtés du président américain, Barack Obama.


Les négociations transatlantiques visant à créer une des plus grandes zones de libre-échange au monde n’ont pas encore formellement commencé. Le Parlement européen et les États-membres doivent approuver le mandat de discussions tandis qu’aux États-Unis, un délai lié à la consultation du Congrès doit encore être observé. « Il y a une véritable chance que le processus soit lancé à temps pour le sommet du G8 [les 17 et 18 juin en Irlande du Nord]. Les cinq prochaines semaines sont donc cruciales », a estimé M. Cameron.


Mais des dissensions commencent déjà à se faire jour. En première ligne, la France exige que le secteur audiovisuel soit exclu des négociations et a prévenu qu’« elle ne transigerait pas » sur cette question. « L’exclusion des services audiovisuels n’est pas négociable », ont ainsi lancé fin avril les ministres françaises de la Culture, Aurélie Filippetti, et du Commerce, Nicole Bricq, clamant leur attachement au système français qui permet de limiter le libre-échange afin de soutenir et promouvoir leurs oeuvres.


Le commissaire européen au Commerce, Karel De Gucht, a pour sa part assuré que « l’exception culturelle ne serait pas négociée » avant que son porte-parole ne précise que cela ne signifiait pas que l’audiovisuel serait exclu des discussions.


Les OGM


Cet accord transatlantique, qui vise à contourner les blocages au sein de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC), risque également de rencontrer de sérieux obstacles sur la question agricole, et notamment celle des organismes génétiquement modifiés (OGM). Cultivés à grande échelle aux États-Unis, ils sont strictement réglementés en Europe où seule la mise en culture de deux semences génétiquement modifiées est autorisée.


Fin avril, des parlementaires européens ont demandé dans une résolution que les négociations transatlantiques « ne menacent pas le principe de précaution européen ». Là encore, la France et son puissant secteur agricole devraient être aux avant-postes.


Devant ces obstacles, le premier ministre britannique a jugé que seules « l’ambition et la volonté politiques » permettront de prendre conscience des « immenses bénéfices » apportés par un tel accord. « Les efforts en valent la peine », a-t-il estimé, assurant que la seule Grande-Bretagne bénéficierait de cet accord à hauteur de 11,7 milliards d’euros par an.


En attendant, cette nouvelle prise de position pourrait bien creuser encore davantage les lignes de fracture au sein du Vieux Continent alors que M. Cameron s’est engagé en janvier à organiser un référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’UE d’ici à 2017.


À ses côtés à la Maison-Blanche, le président américain a redit lundi qu’il espérait ouvrir les discussions avec l’UE « dans les prochains mois ». « Nous avons une bonne opportunité de baisser les droits de douanes, d’ouvrir les marchés, de créer des emplois et de rendre nos économies plus compétitives », a détaillé M. Obama.


Les échanges commerciaux entre l’UE et les États-Unis se sont élevés à près de 646 milliards de dollars en 2012 : les États-Unis ont importé pour 380,8 milliards de biens en provenance d’Europe et en ont exporté 265,1 milliards vers le Vieux Continent.

2 commentaires
  • André-Jean Deslauriers - Inscrit 14 mai 2013 16 h 13

    Non à la sauvagerie anglo-saxonne!

    Encore une fois le Britanniques qui veulent avoir le beurre et l’argent du beurre.

    Eux qui ne font même pas partie officiellement de l’Europe, qui bénéficient d’une contribution au rabais, mais qui imposent leur langue et leur exécrable doctrine économique, le capitalisme financier toxique, le darwinisme social et culturel.

    C’est l’Europe qui devrait faire un référendum pour les foutre dehors et les empêcher d’y entrer.

    J’espère que la France va se tenir debout et refuser cette exigence.

  • Clément Doyer - Inscrit 14 mai 2013 19 h 48

    Les Britaniques et les États Uniens sont les seuls à ne pas contrôler leurs institutions financières et les seuls à attaquer férocement l'Euro depuis quelques années. Je suggère une très grande prudence à l'Europe avant de laisser ces deux brutes entrer dans son lit!