La Banque du Canada annonce une croissance plus faible que prévu pour 2013

Le gouverneur de la banque centrale, Mark Carney, a cependant expliqué que l’institution refusait de mordre à l’hameçon du pessimisme de certains observateurs.
Photo: La Presse canadienne (photo) Adrian Wyld Le gouverneur de la banque centrale, Mark Carney, a cependant expliqué que l’institution refusait de mordre à l’hameçon du pessimisme de certains observateurs.

La Banque du Canada a fortement réduit mercredi sa prévision de croissance économique pour la première moitié de l’année, mais a refusé d’allonger de nouvelles mesures de relance parce qu’elle croit toujours que de meilleurs jours pointent à l’horizon.

Comme prévu, la banque centrale a laissé son taux d’intérêt directeur à 1 %, tout en réduisant sa prévision de croissance d’un demi-point à 1,5 %. L’économie devait prendre de la vitesse l’an prochain et en 2015, avec des taux de croissance respectifs de 2,8 et 2,7 %, mais la lente reprise en ce début d’année fait en sorte que l’économie ne roulera pas à pleine capacité avant la mi-2015 - soit six mois plus tard que la Banque du Canada ne l’avait initialement prévu.


Ces perspectives sont inhabituellement sombres pour la banque, que plusieurs observateurs accusent d’optimiste quasiment exagéré, et les marchés ont immédiatement réagi en faisant perdre au dollar canadien deux tiers d’un cent US. Le huard a terminé la journée en baisse de 58 centièmes, à 97,41 ¢US.


Certains économistes avaient exhorté la banque à se distancier de sa préférence pour un resserrement de la politique monétaire et une hausse future des taux d’intérêt, deux éléments qui amoindriraient la vigueur du dollar canadien et favoriseraient les exportations aux marchés étrangers, mais la banque centrale a préféré garder sa ligne.


Participant à ce qui pourrait bien être sa dernière conférence de presse au Canada avant son départ pour Londres, le gouverneur de la banque centrale, Mark Carney a expliqué que l’institution refusait de mordre à l’hameçon du pessimisme de certains observateurs. « Nous devons retourner au contexte », a affirmé M. Carney. « Les taux d’intérêt sont à 1 %, nous avons un secteur financier aussi résilient que n’importe quel autre dans le monde, il y a un relâchement dans l’économie, mais il n’est pas si important, même en comparaison avec les autres grandes économies. »


Le premier sous-gouverneur de la banque centrale, Tiff Macklem - en qui plusieurs voient le successeur à M. Carney - a poursuivi en expliquant que la banque comptait sur la solide croissance économique des États-Unis pour éventuellement appuyer le Canada, en ce qui a trait aux exportations de bois d’oeuvre et d’autres produits liés au secteur de l’habitation, ainsi qu’à celui de l’énergie. En retour, cela devrait convaincre les entreprises canadiennes, incluant celles du secteur pétrolier, qu’il est temps de recommencer à investir pour l’avenir.


« Pourquoi croyons-nous que la croissance va reprendre ?, a-t-il demandé. Nous observons une reprise de la demande privée aux États-Unis - elle n’est pas aussi visible dans les manchettes parce qu’il y a une contraction fiscale assez importante, mais la demande privée est positive pour nos exportations. Les marchés émergents connaissent un raffermissement, et puis les investissements d’affaires reprennent, avec un certain retard. Alors la table est mise. »


Les deux hommes croient que la faiblesse économique sera temporaire. Après s’être embourbée dans la deuxième moitié de 2012, l’économie devrait croître de seulement 1,5 % au premier trimestre et de 1,8 % au deuxième. Mais celle-ci devrait ensuite s’emballer et connaître une croissance de 2,3 % au troisième trimestre et de 2,8 % au quatrième trimestre. En 2014, cette croissance devrait s’établir en moyenne à 2,8 %, puis à 2,7 % en 2015.


Mais cela reste trop optimiste pour plusieurs économistes, même si la prévision de 1,5 % pour l’année en cours place la perspective de la banque en deçà de celle du ministre des Finances Jim Flaherty dans son budget du mois dernier, soit 1,6 %.