SNC-Lavalin, persona non grata à la Banque mondiale pour dix ans

Selon le journal local Daily Star, SNC-Lavalin a offert d'« énormes pots-de-vin » afin de décrocher le contrat de supervision des travaux de construction d’un pont de 6,5 kilomètres au-dessus du fleuve Padma. Le quotidien n’a pu obtenir l’ampleur des sommes en jeu.
Photo: - Le Devoir Selon le journal local Daily Star, SNC-Lavalin a offert d'« énormes pots-de-vin » afin de décrocher le contrat de supervision des travaux de construction d’un pont de 6,5 kilomètres au-dessus du fleuve Padma. Le quotidien n’a pu obtenir l’ampleur des sommes en jeu.

Le Groupe SNC-Lavalin a indiqué mercredi qu’un accord de règlement avait été conclu avec le Groupe de la Banque mondiale concernant des allégations de corruption pour un contrat visant la construction d’un pont au Bangladesh. Des termes de l’entente n’ont pas été dévoilés, mais ce règlement implique à tout le moins une suspension du droit, pour la filiale SNC-Lavalin et ses sociétés affiliées, d’obtenir des contrats pour des projets financés par le Groupe Banque mondiale pendant dix ans.

La suspension pourrait cependant être levée après huit ans si des conditions énoncées sont pleinement respectées, a indiqué mercredi SNC-Lavalin dans un communiqué.


Aucune sanction pécuniaire n’a été imposée et d’autres filiales du Groupe SNC-Lavalin pourront être en mesure de soumissionner pour de tels contrats si elles se conforment «à toutes les conditions en vertu de l’accord», a précisé l’entreprise. SNC a indiqué que les revenus générés par les projets financés par la Banque mondiale et d’autres banques de développement multilatérales pour ses filiales concernées par l’entente représentaient environ 1 % de son chiffre d’affaires annuel.


La Gendarmerie royale du Canada (GRC) avait effectué une perquisition dans un bureau de SNC-Lavalin à Oakville, en Ontario, en septembre 2011, à la requête de la Banque mondiale, qui enquêtait sur un contrat pour un pont n’ayant jamais été attribué dans le pays d’Asie du Sud. Les allégations de corruption avaient incité la Banque mondiale à suspendre un prêt de 1,2 milliard $US et à interdire temporairement à la filiale de SNC de soumissionner sur d’autres contrats au Bangladesh.


Un journal du Bangladesh avait indiqué que la commission anticorruption du pays enquêtait sur des allégations voulant que SNC-Lavalin ait offert d’«imposants pots-de-vin» à au moins six responsables intfluents du pays, dont deux anciens ministres, pour obtenir le lucratif contrat.


Selon le Daily Star, SNC-Lavalin a offert d'« énormes pots-de-vin » afin de décrocher le contrat de supervision des travaux de construction d'un pont de 6,5 kilomètres au-dessus du fleuve Padma (appelé Gange en amont, en Inde). Le quotidien n'a pu obtenir l'ampleur des sommes en jeu. Parmi les personnes à qui l'entreprise montréalaise aurait voulu verser des pots-de-vin, on trouve Syed Abul Hossain, ministre des Technologies de l'information et des Communications, Abul Hasan Chowdhury, ancien ministre d'État aux Affaires étrangères, Mosharraf Hossain Bhuiyan, ancien secrétaire de la division des ponts au ministère des Communications, ainsi que trois hommes d'affaires travaillant au projet de pont. MM. Bhuiyan et Hossain ont assuré au journal n'avoir absolument rien à se reprocher dans cette affaire. SNC-Lavalin n'a pas voulu commenter, soulignant que les enquêtes se poursuivent.


Pendant l’enquête sur cette affaire, la Banque avait appris que des fautes avaient été également commises par la même branche du groupe canadien sur un chantier d’électrification au Cambodge, ajoute le communiqué.


 

Avec l’Agence France-Presse

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