L’éducation financière n’est pas une priorité pour les Québécois

Le président du conseil d’administration de BMO Nesbitt Burns, L. Jacques Ménard, s’est dit préoccupé mardi par la faible importance accordée à la littératie financière au Québec comparativement au reste du Canada.
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Le président du conseil d’administration de BMO Nesbitt Burns, L. Jacques Ménard, s’est dit préoccupé mardi par la faible importance accordée à la littératie financière au Québec comparativement au reste du Canada.

Les Québécois attachent moins d’importance à l’éducation financière que les autres Canadiens, révèle un sondage BMO Groupe financier.

Près de deux Québécois sur trois (64 %) jugent important que les préadolescents détiennent les connaissances et les compétences nécessaires pour prendre des décisions financières responsables, comparativement à 79 % de tous les Canadiens, selon un coup de sonde de la firme Pollara.


À peine 23 % des adultes au Québec estiment important que les enfants âgés de 8 ans et moins aient une éducation financière. Plus de 43 % des Canadiens pensent aussi qu’il n’est pas trop tôt à 8 ans pour connaître quelques notions de finances.


Le président du conseil d’administration de BMO Nesbitt Burns, L. Jacques Ménard, s’est dit préoccupé mardi par la faible importance accordée à la littératie financière au Québec comparativement au reste du Canada. « C’est au Québec, sans doute, qu’on valorise le moins cette question-là. C’est intéressant de se demander pourquoi ? C’est peut-être parce que les parents ont une certaine difficulté à parler d’argent et ont un certain apprentissage à faire », a-t-il suggéré à la veille de la publication de la Journée Parlons argent avec nos enfants.


Bien que les Canadiens « from coast to coast » reconnaissent l’importance de développer tôt de bonnes habitudes financières, seulement 18 % des parents passent « beaucoup de temps » à parler à leurs enfants d’argent. En comparaison, 18 % des parents passent « beaucoup de temps » à leur parler d’école ; 50 %, de leurs passe-temps ; et 47 %, de leurs amis.

 

L’argent ne pousse pas dans les arbres


M. Ménard, qui est le vice-président du Groupe de travail sur la littératie financière, propose aux parents d’inviter leurs enfants tout d’abord à différencier les « besoins » des « désirs ». « Les jeunes, parfois, malheureusement, confondent les deux », indique-t-il, avant de proposer un exercice pour cette Journée Parlons argent avec nos enfants. « Sélectionner une expérience de la vie quotidienne qu’on tient pour acquise. Par exemple, aller en vacances une semaine quelque part. Ensuite, s’asseoir ensemble [en famille] et se dire : “Il faut qu’on planifie, qu’on budgète pour ça. Quelles initiatives va-t-on prendre ? À quelles dépenses allons-nous renoncer pour avoir des vacances ?” »


Un apprentissage précoce des rudiments de la finance permet aux jeunes de rapidement adopter des « attitudes positives » leur permettant de prendre des décisions financières responsables à toutes les étapes de leur vie, a souligné M. Ménard, ardent défenseur de la littératie financière.


« C’est l’enfant qui paie » pour les maigres connaissances et aptitudes en matière de finances apprises de ses parents. « Ils ont une certaine responsabilité », a poursuivi le vice-président, Stratégies d’investissement, de BMO Gestion d’actifs, Serge Pépin.


Il suggère aux parents inconfortables de prodiguer des leçons financières à leurs enfants d’appeler au secours leur banquier. « Ils pourraient demander : “Est-ce que vous pourriez nous aider à parler à nos enfants au sujet de l’épargne et de l’investissement ?” Ce serait un bel exercice. »


Le Groupe de travail sur la littératie financière concluait que le renforcement de la littératie financière des Canadiens constituait une « responsabilité partagée » notamment des individus, des gouvernements, des éducateurs et des prestataires de services financiers.


Mais, une minorité de Québécois (41 %) - un cas unique au Canada - croit fermement que davantage d’efforts doivent être faits pour enseigner des notions de finances à l’école.


Le sondage a été réalisé en ligne auprès de 1000 personnes à travers le Canada les 11 et 12 mars. Un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d’erreur de plus ou moins 3,1 % dans 19 cas sur 20.

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