Système de retraite - Alban D’Amours espère une réponse politique «responsable» à son rapport

Alban D’Amours était le conférencier invité mardi de Question retraite, dans le cadre des célébrations du 10e anniversaire de cet organisme indépendant voué à la planification financière de la retraite.
Photo: - Le Devoir Alban D’Amours était le conférencier invité mardi de Question retraite, dans le cadre des célébrations du 10e anniversaire de cet organisme indépendant voué à la planification financière de la retraite.

Alban D’Amours fait appel à un engagement politique. L’ex-président du Mouvement Desjardins estime que le rapport du comité qu’il préside, déposé ce mercredi, contient une vingtaine de recommandations visant à replacer le système de retraite au Québec sur la voie de la pérennité et de l’équité intergénérationnelle. « Quel que soit le gouvernement qui nous a mandatés, l’avenir du système de retraite québécois ne peut échapper à un agenda politique responsable », a-t-il martelé.

Alban D’Amours était le conférencier invité mardi de Question retraite, dans le cadre des célébrations du 10e anniversaire de cet organisme indépendant voué à la planification financière de la retraite. L’occasion était donc offerte au président du Comité d’experts sur le système de retraite au Québec de mettre la table en préparation du dépôt, ce mercredi, d’un rapport complétant un travail amorcé en novembre 2011, à la demande du gouvernement libéral. Les membres du comité « ont mis à contribution de façon bénévole leur savoir-faire, leurs connaissances et leur notoriété, afin de formuler des recommandations dont la portée est considérable pour assurer la pérennité de notre système de retraite québécois ». Le rapport déposé ce mercredi est « unanime et réaliste », a-t-il ajouté. Il renferme une vingtaine de recommandations présentées comme étant « la » solution.


Le mandat original invitait le Comité à se pencher sur les problèmes auxquels les régimes de retraite à prestations déterminées sont confrontés. Le Comité a demandé et reçu l’autorisation d‘étendre sa réflexion à l’ensemble du système de retraite québécois, composé de trois niveaux. Il a épluché 37 mémoires et participé aux travaux de 22 groupes rencontrés. « Ce que nous soumettons demain [aujourd’hui] à l’ensemble des Québécois, ce n’est pas un projet de loi. C’est un projet de société », a soutenu Alban D’Amours, qui ajoute : « Les conclusions de ce débat ne peuvent être dictées que par les besoins des travailleurs qui aspirent à la retraite. Quel que soit le gouvernement qui nous a mandatés, l’avenir du système de retraite québécois ne peut échapper à un agenda politique responsable. »


Trois actuaires (René Beaudry, Claude Lamoureux et Bernard Morency), deux économistes (Alban D’Amours et Maurice Marchon), un fiscaliste (Luc Godbout) et un avocat (Martin Rochette) ont fait le tour de cette « maison à trois étages » composée de l’épargne-retraite, des régimes publics et des régimes complémentaires et se sont donné un horizon de 40 ans. « Soyons réalistes. La pensée magique ne réglera rien, a déclaré Alban D’Amours. Nous ne pouvons ni nous fier à l’embellie des marchés, ni espérer des rendements éternellement magnifiques, ni compter sur une augmentation des taux d’intérêt pour que la situation s’améliore de façon durable et réaliste. »


Dans son travail, le Comité a porté son attention sur la valorisation de la sécurité financière et sur la gestion du risque de longévité, soit sur celui de survivre à son épargne, en retenant deux forces inhérentes à notre système actuel : la mutualisation des risques et la diversité des sources de revenu. S’ajoute l’impératif d’équité intergénérationnelle. « Les jeunes refuseront de payer pour les retraites de ceux qui les ont précédés sans rien obtenir en retour. »


Sur la question des régimes complémentaires, le Comité s’est dit convaincu qu’au lieu de disparaître, « les régimes à prestations déterminées devraient être offerts au plus grand nombre, si possible ». Et Alban D’Amours de demander : « Peut-on affirmer que nous avons assumé les vrais coûts de la sécurité financière promise ? Les 41 milliards de déficit des régimes sous la surveillance de la Régie des rentes du Québec à la fin de 2012 nous soufflent la réponse à l’oreille : non. Le respect de la vérité des coûts s’impose. »

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