Fonds de travailleurs - Mulroney défend son crédit d’impôt


	Brian Mulroney: «Je voyais l’importance de sa vision [à Louis Laberge] et je voulais que mon gouvernement l’appuie.»
Photo: La Presse canadienne (photo) Sean Kilpatrick
Brian Mulroney: «Je voyais l’importance de sa vision [à Louis Laberge] et je voulais que mon gouvernement l’appuie.»

Le Fonds de solidarité FTQ a beau avoir accumulé 8,8 milliards de dollars, il « est plus nécessaire que jamais », fait valoir l’ancien chef de gouvernement progressiste-conservateur.

Brian Mulroney souligne à gros traits l’« importance » du fonds de travailleurs dans la croissance de l’économie québécoise. « Depuis sa fondation, le Fonds a eu un impact important pour la création de 500 000 emplois. C’est extraordinaire, ça ! », lance-t-il à l’occasion d’une entrevue avec Le Devoir. « Je n’ai pas changé mon discours depuis 30 ans, ni sur l’importance du Fonds ni sur mon appréciation de Louis Laberge », a dit l’associé principal de la firme Norton Rose, un mois avant le dépôt du budget fédéral.


Le 21 mars, le ministre des Finances, Jim Flaherty, a sonné le glas du crédit d’impôt de 15 % dont bénéficient actuellement les cotisants aux fonds de travailleurs au Canada. Le gouvernement fédéral - qui compte dégager des économies de quelque 355 millions de dollars en quatre ans - abaissera le crédit d’impôt à 10 % en 2015 et à 5 % en 2016, pour l’abolir l’année suivante. 88 % des économies (312 millions) seront faites sur le dos des cotisants du Fonds de solidarité FTQ et du Fondaction CSN, avait réagi le gouvernement du Québec.


L’octroi de « bénéfices fiscaux très importants » pour favoriser le déploiement de fonds de travailleurs ne faisait pas l’unanimité il y a 30 ans, se remémore M. Mulroney. « Il n’y avait pas que des preneurs, affirme-t-il. Comme ami et comme premier ministre du Canada à ce moment-là, je voyais l’importance de sa vision et je voulais que mon gouvernement l’appuie. C’est ce que nous avons fait. »


L’appui des gouvernements fédéral et québécois au projet de la plus importante centrale syndicale québécoise faisait aussi figure de « symbole important » dans les relations patronales-syndicales.


La gestion d’un fonds se calculant en milliards de dollars a permis à la FTQ d’élargir sa perspective, selon M. Mulroney. « La gestion d’un fonds de neuf milliards de dollars avec des investisseurs publics donne un élément de responsabilité, de maturité et de compréhension économique à la centrale syndicale qui n’existait pas auparavant. […] Le besoin de la productivité, le besoin des profits deviennent importants. » Le président de la FTQ, Michel Arsenault, et le président-directeur général du Fonds, Yvon Bolduc, l’ont bien compris, selon M. Mulroney. « Je pense que Michel Arsenault et son équipe travaillent dans le même sens que Louis », dit-il.


Si l’Accord de libre-échange nord-américain et l’Accord Canada-États-Unis sur la qualité de l’air constituent ses plus grands faits d’armes, le coup de pouce du gouvernement du Canada au Fonds de solidarité FTQ constitue aussi une source de fierté importante pour M. Mulroney. « Évidemment, c’est différent du Traité de libre-échange et du Traité des pluies acides. C’est différent, mais au Québec, c’était un événement très important parce que c’était la première fois qu’une centrale syndicale québécoise tentait cette expérience de lever des fonds pour les réinvestir immédiatement dans la petite et la moyenne entreprise au Québec, créant ainsi des milliers d’emplois », explique-t-il.


Le chef de gouvernement progressiste-conservateur avait alors « bon espoir » que l’initiative de la FTQ fasse boule neige dans d’autres provinces.


Encore une fois, n’y voyez pas une critique visant le ministre des Finances, Jim Flaherty, insiste M. Mulroney.

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