La solvabilité des régimes de retraite s’améliore


	Les régimes à prestations déterminées vivent des difficultés depuis quelques années. Parmi les défis figurent la tourmente sur les marchés, mais aussi l’espérance de vie qui s’allonge et le nombre décroissant de travailleurs actifs versus ceux qui reçoivent des prestations.
Photo: - Le Devoir
Les régimes à prestations déterminées vivent des difficultés depuis quelques années. Parmi les défis figurent la tourmente sur les marchés, mais aussi l’espérance de vie qui s’allonge et le nombre décroissant de travailleurs actifs versus ceux qui reçoivent des prestations.

L’embellie des marchés boursiers et la légère hausse des taux d’intérêt ont fait en sorte que le niveau de solvabilité des caisses de retraite s’est amélioré au premier trimestre de 2013, selon les estimations des firmes de services-conseils Aon Hewitt et Mercer.


Les régimes à prestations déterminées, qui garantissent un revenu à la retraite en fonction du salaire et de l’ancienneté, vivent des difficultés depuis quelques années. Parmi les défis figurent la tourmente sur les marchés, mais aussi l’espérance de vie qui s’allonge et le nombre décroissant de travailleurs actifs versus ceux qui reçoivent des prestations.


La firme Aon Hewitt estime que le « ratio de provisionnement » médian était de 74 % au 31 mars, une amélioration significative comparativement à celui de 69 % observé trois mois plus tôt. Ce ratio calcule les obligations d’un régime par rapport à son actif.


« Les promoteurs de régime ne pourront sortir leur régime de ce marasme qu’en comptant sur trois principaux facteurs », a déclaré un associé principal d’Aon Hewitt, Claude Lockhead. « C’est à dire l’augmentation des taux d’intérêt, les rendements favorables des marchés boursiers et les marchés non traditionnels, ou les cotisations plus élevées de la part des employeurs. Ces trois facteurs étaient présents cette année. »


Il y a seulement trois ans, à la fin de 2009, le ratio se situait à 86 %. La baisse des taux d’intérêt et la performance en dents de scie des marchés boursiers n’ont pas aidé la suite des choses.


Les trois derniers mois ont été plus positifs, notamment en sol américain, où l’indice phare S P 500 a gagné plus de 7 %. Les taux d’intérêt sur les obligations à long terme ont, tant du côté canadien que du côté américain, connu une légère hausse.


Chez Mercer, qui a son propre calcul de solvabilité des régimes de retraite, on a indiqué mardi que l’indice maison est passé de 82 % à 87 %. Cet indice calcule le ratio actif-engagements d’un « régime modèle ». La firme a établi un ratio arbitraire de 100 % au début de la période évaluée, soit le 1er janvier 1999. Il avait presque touché 70 % au début de 2009, quelques mois après la crise boursière à Wall Street.


Selon Mercer, le « portefeuille équilibré type d’un régime de retraite a produit un rendement non annualisé de 4,1 % au premier trimestre ».

 

Enjeu méconnu, mais majeur


Le niveau de solvabilité des grands régimes de retraite à prestations déterminées fait présentement l’objet d’une étude approfondie par un comité spécial de la Régie des rentes du Québec.


Présidé par Alban d’Amours, ancien président du Mouvement Desjardins, ce groupe d’experts doit remettre son rapport sous peu, après plus d’un an de travail portant sur ces régimes déficitaires en tenant compte de l’ensemble du système de retraite québécois. La Presse a écrit la semaine dernière que le comité pourrait proposer une cotisation d’un milliard chez les travailleurs actuels pour financer un fonds spécial dédié aux ex-travailleurs de 75 ans et plus.


Au fil des ans, un grand nombre d’entreprises se sont lassées d’avoir à soutenir à elles seules le poids d’un régime à prestations déterminées, quand elles ne doivent pas carrément injecter de l’argent supplémentaire pour le maintenir à flot. La tendance émergente a ainsi consisté à transformer ces caisses en régimes à cotisations déterminées, qui remettent le fardeau entre les mains des employés et qui n’offrent aucune garantie quant au revenu de retraite.


L’an dernier, la Régie des rentes avait calculé que sur les 755 régimes complémentaires qu’elle surveille, un régime sur deux souffrait d’un trou de 26 % ou plus.

À voir en vidéo