La croissance de l’endettement des ménages canadiens ralentit

L’augmentation sur 12 mois de 2,5 % de l’encours des cartes de crédit, des prêts personnels, des lignes de crédit et autres prêts était la plus faible depuis celle de juillet 1993, a fait ressortir la Banque Royale.
Photo: La Presse canadienne (photo) Ryan Remiorz L’augmentation sur 12 mois de 2,5 % de l’encours des cartes de crédit, des prêts personnels, des lignes de crédit et autres prêts était la plus faible depuis celle de juillet 1993, a fait ressortir la Banque Royale.

Amorcée l’an dernier sous l’impulsion d’un resserrement des règles hypothécaires, la décélération de l’endettement des ménages s’est poursuivie depuis le début de 2013. En février, la croissance annuelle de la dette avait été ramenée à son niveau le plus faible depuis plus d’une décennie.


Selon les données recueillies par La Presse canadienne auprès de Recherche économique RBC, la dette totale des ménages canadiens atteignait 1670 milliards à la fin de février. La progression, de 4,5 % sur un an, était la plus faible depuis juin 2001. Par segment, la dette hypothécaire se chiffrait à 1160 milliards, en hausse de 5,4 % par rapport à février 2012, soit la poussée la plus faible depuis novembre 2001. La dette non hypothécaire s’établissait à 512 milliards. L’augmentation sur 12 mois de 2,5 % de l’encours des cartes de crédit, des prêts personnels, des lignes de crédit et autres prêts était la plus faible depuis celle de juillet 1993, a fait ressortir la Banque Royale.


Cette décélération de la croissance de l’endettement des ménages en ce début de 2013 poursuit l’élan amorcé l’an dernier. Du moins, les plus récentes données de Statistique Canada dévoilées à la mi-mars pointent en cette direction. L’endettement des ménages demeurait pourtant à des sommets historiques au dernier trimestre de l’an dernier. À la fin de 2012, la dette en pourcentage du revenu disponible établissait une nouvelle marque à 167,1 %, contre 166,9 % trois mois plus tôt et 164 % un an plus tôt. Or, sur une base annuelle, le niveau d’endettement a augmenté de 5,5 % l’an dernier, un taux s’inscrivant dans un mouvement de décélération constante depuis la progression annuelle de 12 % comptabilisée en 2007. Et cet accroissement de l’endettement était inférieur à l’augmentation de la valeur nette des ménages, qui oscille autour de 5,8 % sur un an, a noté l’agence fédérale. Il ressortait également des données de Statistique Canada compilées dans les Comptes du bilan national que les capitaux propres en proportion des biens immobiliers sont demeurés légèrement inférieurs à 69 %.


À la fin de 2012, l’encours des prêts hypothécaires atteignait 1100 milliards. Pour sa part, la dette de crédit à la consommation se situait à 477 milliards.


Rappelons qu’en juillet 2012, le ministre fédéral des Finances répondait à l’inquiétude de la Banque du Canada devant l’endettement record des ménages canadiens en modifiant les règles hypothécaires pour une quatrième fois depuis 2008. La mesure la plus importante ramenait de 30 à 25 ans la période maximale d’amortissement d’un prêt hypothécaire. On a également fait passer de 85 à 80 % le plafond du montant du refinancement. Il était à 90 % en mars 2011. Et resserré quelque peu les ratios de remboursement servant de calcul dans l’octroi des prêts. Une limite a été fixée aux coûts totaux des mensualités comprenant le versement hypothécaire, l’impôt foncier et les frais de chauffage, qui ne devrait pas dépasser 39 % des revenus bruts.

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