Hydro-Québec se dit à l’abri des collusionnaires

Le grand patron d’Hydro-Québec estime que les façons de faire de la société d’État lui ont permis d’éviter d’être victime des tricheurs que l’on voit défiler à la commission Charbonneau.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le grand patron d’Hydro-Québec estime que les façons de faire de la société d’État lui ont permis d’éviter d’être victime des tricheurs que l’on voit défiler à la commission Charbonneau.

L’effet commission Charbonneau ne se fait pas sentir chez Hydro-Québec.


La société d’État n’aurait pas fait face à des factures gonflées de la part de compagnies de construction ou de firmes de génie-conseil au cours des dernières années. « Il n’y a rien qui m’a été rapporté dans ce sens-là », a spécifié le président-directeur général d’Hydro-Québec, Thierry Vandal.


En recourant très peu à des appels d’offres, Hydro-Québec a été épargnée des collusionnaires et des corrupteurs faisant la pluie et le beau temps dans l’industrie de la construction, estime M. Vandal. « On a des pratiques d’approvisionnement qui sont très robustes et qui ont bien servi les fins de l’organisation depuis plusieurs années », a-t-il expliqué jeudi dans la foulée du dévoilement des résultats financiers 2012 de la société d’État.


Grâce à des pratiques d’approvisionnement « très sophistiquées » et « très diversifiées », Hydro-Québec bénéficie d’une « bonne performance sur les chantiers à de bonnes conditions économiques ».


La haute direction n’a pas jugé utile de commander une enquête interne sur ses pratiques en matière d’approvisionnement. Elle dit plutôt privilégier un « suivi constant ». « Il y a des gens qui sont dégagés pour suivre ça de très très près [et] s’assurer que les heures facturées ont effectivement donné du travail facturable. »


Hydro-Québec doit désormais obtenir le feu vert de la part de l’Autorité des marchés financiers (AMF) avant d’octroyer tout nouveau contrat de construction ou de services d’une valeur d’au moins 40 millions de dollars, a fait remarquer le p.-d.g.


Par ailleurs, Hydro-Québec continuera aussi d’« échanger de l’information » avec l’Unité permanente anticorruption (UPAC) au sujet de ses politiques internes.


Les fonctionnaires d’Hydro-Québec octroient aux firmes de génie-conseil des contrats dont le montant à payer est déterminé par une grille tarifaire. Puis, en gardant la main haute sur le nombre d’heures qui leur est alloué, ils limitent fortement les dépassements de coûts. « [C’est un] mécanisme qui est très, très différent de ce qu’on a pu entendre dans d’autres secteurs », selon Thierry Vandal.


«Meilleurs revenus»


La société d’État a engrangé des profits de 2,74 milliards en 2012. Mais, en incluant la radiation de 1,9 milliard de la centrale nucléaire Gentilly-2, le bénéfice net du fournisseur d’électricité s’est élevé à 860 millions.


Le déclassement aura « peu d’incidence » au cours des prochaines années sur la situation financière d’Hydro-Québec. « Les travaux qui viennent dans un horizon à plus court terme sont bien circonscrits. […] L’incertitude […] pourrait survenir dans 40, 50 ans », a dit M. Vandal. « Ce résultat est d’autant plus satisfaisant que l’entreprise a fait face à des conditions financières difficiles en 2012. Au Québec, le chiffre d’affaires a reculé de près de 300 millions de dollars à la suite des températures douces de l’hiver 2011-2012, de la baisse de la demande industrielle et du recul du prix de l’aluminium », a-t-il ajouté.


Hydro-Québec versera un dividende de 645 millions au gouvernement du Québec.


Le résultat provenant des activités poursuivies d’Hydro-Québec a atteint 2,736 milliards de dollars en 2012, c’est-à-dire une hausse de 50 millions de dollars par rapport à 2011. Les produits des ventes d’électricité au Québec ont pour leur part diminué, en raison d’une baisse de 109 millions de la demande de la clientèle industrielle. Celle-ci a été en partie compensée par une hausse de 72 millions de la demande de la clientèle résidentielle.


Des achats d’électricité de 148 millions à Rio Tinto Alcan, secouée par un conflit de travail à son aluminerie d’Alma, se sont également ajoutés.


L’hiver rigoureux en Nouvelle-Angleterre et la hausse du prix du gaz naturel permettront au grand patron d’Hydro-Québec d’honorer sa promesse de gonfler le prochain dividende versé au gouvernement du Québec, bien que la Régie de l’énergie eut refusé de procéder à un ajustement de 3,4 % des tarifs d’électricité. « La bonne nouvelle, c’est que les marchés à l’exportation nous donnent de meilleurs revenus que ce qu’on pouvait anticiper l’automne passé quand on a fait les prévisions pour l’année », a conclu M. Vandal.

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