Gaz Métro n’a pas renoncé au biométhane, dit Sophie Brochu

Gaz Métro s’affaire actuellement à réviser son modèle d’affaires, après quoi elle se présentera de nouveau devant la Régie.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Gaz Métro s’affaire actuellement à réviser son modèle d’affaires, après quoi elle se présentera de nouveau devant la Régie.

Gaz Métro ne baisse pas les bras devant le refus de la Régie de l’énergie de consentir à son projet d’investissement à Saint-Hyacinthe.

Le principal distributeur de gaz naturel au Québec comptait y construire des installations servant à purifier du biométhane issu de la valorisation de matières résiduelles par la municipalité avant de l’injecter dans son réseau.


Gaz Métro s’affaire actuellement à réviser son modèle d’affaires, après quoi elle se présentera de nouveau devant la Régie. « C’est une question de temps », a indiqué mercredi la présidente et chef de la direction de la compagnie, Sophie Brochu, en marge de l’assemblée annuelle des actionnaires de Valener. « Nous continuons à évaluer le modèle d’affaires qui nous permettra de mettre notre expertise et nos installations au service du bien commun et de contribuer à la valorisation de cette énergie nouvelle. […] C’est une énergie qui est trop intelligente pour la laisser là », a-t-elle ajouté.


L’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) et Stratégies énergétiques (S.E.) avaient manifesté leur déception à l’égard de la décision de la Régie de l’énergie. À leurs yeux, elle « met en péril la politique québécoise de développement de cette filière énergétique aux multiples mérites environnementaux ».

 

Bénéfice récurrent, stable et prévisible


Les actionnaires de Valener ont accueilli favorablement mercredi le bénéfice net récurrent de 30,2 millions de dollars enregistré pour l’exercice 2012. Il s’agit d’une hausse de 3,7 millions par rapport à l’année précédente.


Malgré des taux d’intérêt à long terme historiquement bas, Gaz Métro est parvenue à maintenir son bénéfice net en 2012 grâce à l’augmentation de sa base d’actifs réglementés. La compagnie a dégagé un bénéfice net récurrent de 151,6 millions de dollars, en hausse de 4,1 millions comparativement à 2011, grâce notamment à l’acquisition de Central Vermont Public Service (CVPS).


« On a fait des investissements, dans l’éolien entre autres, pour s’assurer qu’à l’avenir on soit en mesure de maintenir ce dividende-là et de générer des fonds qu’on espère additionnels pour les réinvestir un jour », a expliqué le président du C.A. de Valener, Pierre Monahan.


« On a fait le plein d’acquisitions dans une période avantageuse », a indiqué la grande patronne de Gaz Métro, Sophie Brochu. « S’il y en a une autre qui vient, on va toujours la regarder. Mais, contrairement à d’autres entreprises qui sont obligées d’acquérir pour survivre, on n’est pas dans ce mode-là », a-t-elle précisé.


Gaz Métro a dû mettre en veilleuse le projet d’important gazoduc de 450 kilomètres devant relier le Saguenay -Lac-Saint-Jean à la Côte-Nord au coût de 750 millions de dollars. Le distributeur de gaz naturel a d’autres projets dans ses cartons, mais d’une plus modeste ampleur. « On a quelques extensions qui sont en discussion présentement avec certaines régions », s’est contentée de dire Mme Brochu.