Une entente est conclue sur le sauvetage de Chypre

Bruxelles — Les discussions tendues entre Chypre et ses bailleurs de fonds internationaux ont permis d’en arriver à une entente, lundi matin, qui ouvre la porte à un plan de sauvetage de 10 milliards d’euros (13 milliards $) pour le pays à court de liquidités, ont fait savoir deux diplomates de l’Union européenne (UE).

L’entente de principe intervenue entre Chypre, le Fonds monétaire international (FMI) et la Commission européenne a été approuvée par les ministres des Finances des 17 nations de la zone euro, qui se rencontraient dans le même bâtiment de Bruxelles. Sans une entente, lundi soir, la petite nation insulaire méditerranéenne d’environ un million d’habitants risquait la faillite, ce qui aurait pu forcer l’abandon de l’euro et provoquer des troubles au sein de l’union monétaire qui réunit plus de 300 millions d’habitants.


En vertu de l’entente de dernière minute, la deuxième plus importante banque de Chypre, Laiki, sera restructurée et les détenteurs de comptes de plus de 100 000 euros devront encaisser des pertes. Il n’était pas immédiatement clair si les détenteurs de comptes garnis dans les autres banques chypriotes perdraient eux aussi de l’argent. Cette taxe bancaire devrait permettre d’amasser plusieurs milliards d’euros, bien que le taux d’imposition n’ait pas été précisé. Puiser dans les poches des épargnants réduira d’autant le montant nécessaire pour le sauvetage financier.


Nicosie tentait de trouver un moyen d’amasser 5,8 milliards d’euros afin d’obtenir le plan de sauvetage de 10 milliards d’euros offert par le Fonds monétaire international (FMI) et d’autres pays de la zone euro. En plus des épargnants, les détenteurs d’obligations de la banque Laiki seront aussi imposés. Cette institution sera scindée entre les actifs toxiques et les activités encore saines.


Les diplomates s’étant confiés à l’Associated Press ont toutefois précisé que Chypre avait résisté aux pressions visant à casser également la plus grande banque du pays, la Banque de Chypre.


À Chypre, le président du Parlement Yiannakis Omirou a confirmé qu’une entente préliminaire avait été conclue après environ 10 heures de négociations à Bruxelles.