Hausse réduite des tarifs - Hydro-Québec pourra fournir les revenus attendus, croit Marceau

Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir

Des revenus d’exportation plus élevés à Hydro-Québec permettront au gouvernement d’obtenir les sommes attendues malgré une décision réglementaire défavorable sur les tarifs d’électricité, a déclaré mercredi le ministre des Finances, Nicolas Marceau.

M. Marceau a déclaré que la situation financière de la société d’État a évolué depuis le dépôt du dernier budget du gouvernement. Le ministre misait sur une hausse des tarifs d’électricité pour boucler son budget, déposé en novembre, mais la Régie de l’énergie en a décidé autrement la semaine dernière.


M. Marceau a refusé d’avancer un chiffre concernant le manque à gagner que causera cette décision défavorable de l’organisme réglementaire, qui a accordé une hausse de 2,4 % plutôt que de 3,4 %. Mais l’opposition a chiffré cette somme à 225 millions.


Lors d’un point de presse avant la période des questions, M. Marceau a déclaré que la société d’État a sous-estimé sa prévision de performance. « Les prévisions qui avaient été faites à l’époque, quant à la performance d’Hydro-Québec pour l’année qui s’en vient, étaient légèrement trop pessimistes, a-t-il dit. Ce qui fait qu’ils s’attendent à faire légèrement mieux et, dans ce contexte, le manque à gagner qu’on aurait pu estimer ne sera pas si important que ça. »


Le ministre des Finances a affirmé que, conséquemment, les difficultés causées par la décision de la Régie sont moins grandes que prévu, à cause des revenus d’exportation d’électricité. « De meilleures ventes à l’exportation, essentiellement, c’est ça, a-t-il dit. À cause de cela, ça compenserait pour les montants qu’on n’obtiendra pas. » Selon M. Marceau, les sommes attendues d’Hydro-Québec seront au rendez-vous. « Je m’attends à ce qu’Hydro-Québec livre le montant qui a été convenu à l’occasion du budget », a-t-il dit.


Le gouvernement mise aussi sur des revenus provenant de gains en efficacité à la société d’État, à qui il a ordonné de supprimer 2000 postes par attrition dans le dernier budget. Dans sa loi de mise en oeuvre du budget, qui n’a pas encore été adoptée, le gouvernement veut mettre en place un dispositif temporaire pour récupérer ces sommes, a rappelé le ministre. « Tant et aussi longtemps que la Régie n’aura pas mis en place un mécanisme permanent, on veut qu’il y ait un mécanisme temporaire et que ça nous ramène les gains d’efficience », a-t-il dit. M. Marceau a exclu d’appliquer ce mécanisme de façon rétroactive.


Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a pour sa part exprimé des doutes quant à la part des gains en efficacité qui proviendront d’Hydro-Québec. « En écoutant M. Marceau, ce que je semble comprendre, c’est qu’il souhaite avoir des revenus additionnels provenant des exportations, mais il ne semble pas du tout avoir un plan pour réduire les dépenses chez Hydro-Québec », a-t-il dit.