Dette: le traitement prescrit à la Grèce ne la rend pas moins malade

Athènes — Les objectifs d’assainissement budgétaire fixés à la Grèce par ses bailleurs de fonds internationaux étaient « irréalisables », contrairement à ceux assignés à l’Irlande, selon une étude de l’Organisation bancaire internationale (IIF) rendue publique jeudi. En conséquence, l’IIF plaide pour que les bailleurs de fonds du pays surendetté, UE et Fonds monétaire international (FMI), assouplissent leurs exigences de rigueur et envisagent « un financement additionnel » en faveur du pays.


En Irlande, « les mesures d’ajustement ont été douloureuses, mais plus gérables politiquement et socialement », écrit Jeffrey Anderson, directeur pour les affaires européennes de l’IIF. Dans le cas de l’Irlande, souvent présentée comme une success story du redressement au pas de charge face au contre-exemple de la Grèce, « les objectifs étaient réalisables. Ceux fixés à la Grèce ne l’étaient pas », note-t-il. Cette dernière vit sa sixième année de récession après trois ans de cure d’austérité.


« Un ajustement budgétaire plus tempéré a aidé l’Irlande à réussir à retrouver de la croissance […]. Appliquer cet exemple à la Grèce pour aider à la relance nécessiterait un financement additionnel », ajoute-t-il. L’UE n’a pas exclu d’envisager une telle rallonge, qui pourrait prendre la forme d’un nouvel effacement d’une partie de la dette grecque, si Athènes respecte la feuille de route d’austérité et de réformes qui lui a été prescrite. Mais aucun engagement n’a jusque-là été pris.


Selon l’étude de l’IIF, ce nouveau coup de pouce à un pays qui bénéfice déjà de prêts UE-FMI de 240 milliards d’euros, et a procédé en 2011 et 2012 avec ses créanciers privés à deux restructurations de ses créances souveraines, « aurait au final un coût bien moindre que si le PIB grec continue de chuter et que si les doutes sur la solvabilité du pays ne reculent pas ».


L’IIF, qui a négocié avec Athènes son premier effacement de créances, a livré cet audit alors qu’Athènes et la troïka, représentant ses créditeurs officiels, peinent à s’entendre sur les modalités des mesures d’austérité et réformes que le pays doit mettre en oeuvre.

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