Le Dow Jones à un record historique, sans euphorie

Le courtier John Bowers ce matin à la Bourse de New York. Selon des chiffres définitifs à la clôture, le Dow Jones a gagné 0,9 % ou 125,95 points pour atteindre 14 253,77 points, surpassant ainsi son précédent record datant du 9 octobre 2007 (14 164,53 points).
Photo: Richard Drew - Associated Press Le courtier John Bowers ce matin à la Bourse de New York. Selon des chiffres définitifs à la clôture, le Dow Jones a gagné 0,9 % ou 125,95 points pour atteindre 14 253,77 points, surpassant ainsi son précédent record datant du 9 octobre 2007 (14 164,53 points).

New York — L’indice phare de la Bourse de New York, le Dow Jones, a clôturé à un record historique mardi, dépassant des niveaux plus vus depuis cinq ans grâce à un regain d’optimisme des courtiers en la croissance américaine.

Selon des chiffres définitifs à la clôture, le Dow Jones a gagné 0,9 % ou 125,95 points pour atteindre 14 253,77 points, surpassant ainsi son précédent record datant du 9 octobre 2007 (14 164,53 points). Le Nasdaq, à dominante technologique, a aussi grimpé à un nouveau sommet depuis le 9 novembre 2000, terminant en hausse de 1,3 %, ou 42,10 points, à 3224,13 points.


L’indice élargi Standard and Poor’s 500 a également terminé sur une note positive, (+1 % ou 14,59 points) à 1539,79 points, à seulement 26 points de son propre record (1565,15).


De mars 2009, quand les indices étaient au plus bas après l’éclatement de la crise financière, jusqu’à ce record, « c’est quand même une incroyable remontée », a commenté Mace Blicksilver, responsable des investissements au fonds Marblehead Asset Management.


L’enthousiasme du marché américain a été nourri mardi par la diffusion de bons indicateurs, de la Chine aux États-Unis. Les indices ont en particulier été « propulsés » par l’accélération de l’activité dans les services américains en février, à son niveau le plus élevé depuis février 2012, a remarqué Peter Cardillo, expert à Rockwell Global Capital. Mais l’annonce d’un objectif de croissance de 7,5 % pour 2013 par Pékin, ainsi que l’indication d’une contraction de l’activité en février dans la zone euro moins forte que prévu, ont aussi participé à l’ascension du marché.


Et les investisseurs « continuent de penser que la Réserve fédérale va poursuivre pendant encore longtemps sa politique d’assouplissement monétaire », très favorable au marché, a remarqué Steven Rosen, de la Société Générale.

 

Crise financière


La Bourse de New York laisse donc derrière elle les affres de la crise financière de 2008 grâce à la confiance retrouvée des investisseurs en un regain de vigueur de l’économie américaine. Wall Street est particulièrement en forme depuis le début de l’année, portée par la performance solide des entreprises américaines, l’amélioration des marchés de l’immobilier et de l’emploi, et par les liquidités injectées massivement dans l’économie par la banque centrale des États-Unis. Les investisseurs font fi des mauvaises nouvelles qui pourraient entamer la croissance, en premier lieu les coupes budgétaires drastiques dans le budget des États-Unis imposées depuis vendredi par les imbroglios politiques de Washington. Le marché brave aussi la situation précaire de l’économie de la zone euro, accentuée par l’incertitude née de l’impasse politique en Italie, de même que ses hésitations sur la croissance chinoise.


Que la Bourse parvienne à ce niveau est « la preuve que l’économie américaine se porte bien, mais c’est aussi la preuve que l’action est en train de redevenir un investissement de choix alors que cette classe d’actifs avait été pratiquement abandonnée pendant longtemps », souligne Gregori Volokhine, de la société de gestion privée Meeschaert New York. Et dépasser le record « n’est pas qu’un événement médiatique », assure ce gérant de portefeuilles. « C’est bon pour le moral des ménages » dans un pays comptant nombre d’investisseurs individuels, et cela a donc « un effet positif pour l’économie et la consommation ».


Champagne


Signe très positif aux yeux des acteurs du marché, cette performance s’appuie sur des bases solides. « L’économie est aujourd’hui bien mieux positionnée » qu’en 2007, quand elle « était prête à s’écrouler », a remarqué Art Hogan, de la maison de courtage Lazard Capital Markets. D’ailleurs les investisseurs ne sont pas « aussi ouvertement optimistes » qu’ils ne l’étaient à l’époque, souligne-t-il.


Nombre d’acteurs du marché s’accordent d’ailleurs à dire que ce record est atteint sans euphorie, les courtiers de Wall Street gardant surtout un oeil sur le S P 500. Avec ses 500 entreprises, l’indice « représente une vue très générale du marché » et sert de jauge à la plupart des investisseurs institutionnels, remarque M. Volokhine.


Même si le Dow Jones compte parmi ses membres les géants de différents secteurs, comme Intel, IBM, Pfizer ou Wal-Mart, il reste, avec ses 30 membres, « très concentré », ajoute l’expert. Aussi, affirme-t-il, « on garde le champagne au frais » pour le record du S P.

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