CIBC - Les liquidités des entreprises sont abondantes, mais pas excédentaires

Photo: La Presse canadienne (photo) Nathan Denette

Même si elles avoisinent des niveaux records, les liquidités des entreprises ne sont pas excédentaires. Et la décision de transformer cette encaisse oisive en investissement repose davantage sur la demande pour les produits que sur l’abondance des capitaux, soulignent les économistes de la CIBC.

La Banque du Canada, le ministre fédéral des Finances, puis le Congrès du travail du Canada (CTC) ont tour à tour dénoncé ces liquidités abondantes demeurant oisives dans les coffres des entreprises au lieu d’être transformées en investissement. Selon les données de Statistique Canada, les entreprises non financières étaient assises sur des liquidités de 575 milliards en 2011. Le CTC a parlé en janvier dernier d’une hausse vertigineuse de 200 % sur une décennie en rappelant que les liquidités atteignaient 187 milliards en 2001. Dans l’intervalle, le taux fédéral d’imposition des sociétés est passé de 28 à 15 %.


Les économistes de la CIBC ont pris la balle au bond lundi. Commentant le frein de l’activité économique observé au dernier trimestre de 2012, l’économiste en chef de la Banque CIBC, Avery Shenfeld, a souligné que « le passage du relais de la croissance entre, d’une part, les gouvernements et les ménages, et les dépenses des entreprises et les exportations d’autre part ne s’est pas déroulé aussi harmonieusement qu’il l’aurait fallu. L’immobilier a ralenti, tout comme les emprunts des consommateurs, et les gouvernements sont forcés de se serrer la ceinture. Malheureusement, les entreprises gardent leurs portefeuilles bien fermés. »


Ses collègues Benjamin Tal et Peter Buchanan, également économistes à la CIBC, ont cependant fait ressortir que malgré leur abondance, « les niveaux des liquidités détenues par les sociétés sont conformes à la tendance que nous observons depuis plus de deux décennies ». Et l’accroissement est corrélé à la progression du PIB. En valeur réelle, ainsi qu’en proportion du PIB et des actifs d’entreprise, les avoirs liquides des sociétés, de quelque 600 milliards, « ne sont que revenus à leurs niveaux d’avant la récession. Bien que les entreprises aient accru la part de leur actif détenu en liquidités, leur position de trésorerie relative a été réduite par un déclin des autres éléments d’actif, à savoir les stocks et les débiteurs. » Le gonflement des coffres ne s’est pas fait « au détriment des dépenses en immobilisations, qui se situent à 20 % du PIB, soit seulement trois points de plus que leur proportion moyenne à long terme, ce qui est également près d’un sommet », ont-ils renchéri.


Et M. Shenfeld de faire remarquer que « de toute façon, ce n’est pas l’argent en caisse, mais la demande de produits qui justifie l’exploitation d’une nouvelle mine, le forage d’un nouveau puits ou l’agrandissement d’une usine d’automobiles ».


La CIBC prévoit que la croissance du PIB canadien sera anémique cette année, autour du 1,7 %. Quant à l’investissement du secteur privé, il ne devrait augmenter que de 0,8 % en 2013, à 310 milliards, selon Statistique Canada.

1 commentaire
  • Bernard Terreault - Abonné 5 mars 2013 09 h 17

    Bien simple

    On n'a qu'à taxer ces capitaux et les consacrer à des besoins criants en ėducation, en santé, ou la garde des enfants, ou en recherche scientifique.