Le produit intérieur brut canadien a avancé de 0,6% au 4e trimestre

Ottawa — L’économie canadienne a encaissé un deuxième trimestre consécutif de lente croissance à la fin de 2012, dressant la table pour une nouvelle année de performance décevante en 2013, ce qui pourrait avoir un impact sur la création d’emploi.

L’économie n’a crû que de 0,6 % pendant les trois derniers mois de l’année - après avoir progressé de 0,7 % au troisième trimestre -, a indiqué vendredi Statistique Canada, tout en ayant retraité de 0,2 % au mois de décembre.


Les données sur la production étaient conformes aux attentes des analystes, mais seulement parce que les spécialistes ont réduit leurs prévisions dans les semaines qui ont précédé la publication de ce rapport.


En fait, le résultat final est environ moitié moindre que ce que la Banque du Canada avait prévu en janvier, et ne représente qu’environ le quart de la production économique qu’attendait la banque centrale en octobre.


Malgré tout, des économistes ont noté que le résultat aurait pu être pire, et ils se sont en fait dits soulagés par le fait que la principale faiblesse du quatrième trimestre provienne d’une dépréciation de 10,3 milliards de dollars des stocks, plutôt que d’un écroulement de la consommation.


« De toute évidence, les manchettes sont assez décevantes, mais les détails ne sont pas si terribles », a observé Doug Porter, économiste en chef chez BMO Marchés des capitaux.


« On y trouve même quelques soupçons de bonnes nouvelles. Des choses comme les dépenses des consommateurs et les investissements des entreprises, et même les exportations nettes, ont été un peu meilleures que prévu. Cela laisse croire que l’économie avance toujours, lentement mais sûrement. »


Pour l’ensemble de 2012, la croissance économique du Canada est établie à 1,8 %, en baisse par rapport à celle de 2,6 % de 2011. L’année dernière a en fait été la plus faible depuis la fin de la récession de 2008-2009.


Plusieurs analystes s’attendent à ce que 2013 soit encore plus faible, quelque part entre 1,0 et 1,5 %, si elle ne connaît pas d’important choc.


L’équilibre d’ici 2015, dit Jim Flaherty


Le rapport de Statistique Canada a fait dire à certains commentateurs plus à gauche que l’économie avait besoin d’une plus grande intervention du gouvernement, mais cela n’a pas semblé émouvoir le ministre des Finances, Jim Flaherty.


« Je crois que nos résultats sont le reflet des données fondamentales économiques et fiscales, qui sont solides, mais ils témoignent aussi de l’incertitude que nous observons à l’étranger et de la faiblesse de la reprise mondiale », a expliqué M. Flaherty vendredi après-midi, lors d’une conférence de presse.


« Ce que nous pouvons faire dans notre pays, évidemment, c’est contrôler nos propres dépenses, et c’est ce que nous faisons. Nous travaillons fort sur le budget. »


Le budget, a ajouté le ministre, ne contiendra pas de nouvelle « initiative de dépenses risquées » et le gouvernement reste sur la voie de l’équilibre budgétaire d’ici 2015, a-t-il fait valoir.


Selon Erin Weir, du groupe Progressive Economics Forum, tant le gouvernement fédéral que ceux des provinces devraient investir dans les services publics et dans les infrastructures plutôt que de continuer à s’intéresser aux mesures d’austérité qui ralentissent la croissance.


Aux Communes, la whip du Nouveau Parti démocratique, Nicole Turmel, a jugé que la poursuite des réductions de dépenses, alors que l’économie fait du surplace, était une « recette pour un désastre ».


La députée conservatrice Shelly Glover, secrétaire parlementaire de M. Flaherty, a pour sa part fait valoir que le Canada détenait toujours le plus fort taux de croissance des pays du G7 pour le quatrième trimestre.


Doug Porter a quant à lui estimé que le ministre Flaherty ne devrait pas empirer la situation en augmentant l’ampleur des mesures d’austérité au-delà de ce qui avait déjà été prévu.

 

Revenus probablement en baisse


Lorsque toutes les données seront connues, il est probable qu’Ottawa ait enregistré des revenus en baisse en 2012, et cela pourrait aussi être le cas pour 2013. Dans le budget de l’an dernier, M. Flaherty avait misé sur une croissance du PIB de 4,6 % en tenant compte de l’inflation - elle n’a été que de 3,1 %.


Les attentes pour une croissance nominale de 4,4 % pour l’année en cours sont maintenant aussi remises en question.


La faiblesse du quatrième trimestre était essentiellement attribuable à une dépréciation prononcée des stocks, probablement à cause de la prudence qui prévalait pendant les négociations pour éviter le « mur budgétaire » aux États-Unis, qui n’étaient pas terminées avant la fin décembre.


En omettant les stocks, les ventes finales ont avancé d’un solide 3,2 % au cours du quatrième trimestre en données annualisées, tandis que les exportations brutes ont progressé de 1,2 %, la consommation de 2,7 %, les investissements des entreprises de 2,9 % et les dépenses d’immobilisation des gouvernements de 2,4 %.

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