Enquête de l'Institut Fraser - L’industrie minière a besoin de règles claires

Photo: Rob Griffith Associated Press

L’incertitude rebute les sociétés minières, mais pas nécessairement de « solides mesures de protection de l’environnement ». C’est du moins ce qui ressort de l’Enquête mondiale de l’industrie minière 2012-2013 effectuée par l’Institut Fraser.


La Finlande et la Suède - des modèles en matière de protection de l’environnement - se sont hissées au premier et au deuxième rang mondial du « classement mondial des meilleurs territoires miniers ». « La confiance dont témoignent les sociétés minières à l’égard de la Finlande et de la Suède montre que de solides mesures de protection de l’environnement sont conciliables avec une industrie minière florissante », a indiqué le directeur de l’enquête « Survey of Mining Companies : 2012/2013 », Kenneth Green. « Les dirigeants politiques québécois devraient en prendre note », a-t-il ajouté.


Le Québec - considéré de 2007 à 2010 comme le meilleur endroit sur la planète pour les investissements dans le secteur minier selon l’Institut Fraser - « a perdu la confiance » des sociétés minières internationales. Il a effectivement trôné au sommet du classement pendant quatre ans, avant de glisser au 4e rang en 2011, au 5e rang en 2012, puis au 11e rang en 2013.


« Cette chute de la première à la onzième place en à peine trois ans indique que les politiques minières du gouvernement du Québec, surtout l’incertitude entourant les modifications éventuelles de la Loi sur les mines et les augmentations proposées des redevances, inquiètent sérieusement l’industrie minière mondiale », a ajouté M. Green, dans un communiqué en français accompagnant un rapport de 135 pages, publié, lui, exclusivement en anglais.


Les ministres des Finances et de l’Économie, Nicolas Marceau, et des Ressources naturelles, Martine Ouellet, tiendront dans deux semaines un forum sur les redevances minières, après quoi le gouvernement fera connaître « rapidement » les nouvelles règles du jeu.


En plus de sceller le sort des redevances minières, le gouvernement du Québec peut retrouver les faveurs de l’industrie minière internationale notamment en allégeant la bureaucratie, en respectant les contrats négociés entre des sociétés minières et lui, ainsi qu’en diminuant au maximum les risques encourus par le secteur privé, a souligné M. Green, qui est le directeur principal des études sur l’énergie et les ressources naturelles à l’Institut Fraser.


L’Alberta, le Nouveau-Brunswick, le Wyoming, l’Irlande, le Nevada, le Yukon, l’Utah et la Norvège suivent la Finlande et la Suède dans le « top 10 » des « meilleurs territoires miniers ».


Le Québec n’est pas la seule province écartée de ce palmarès, la Nouvelle-Écosse figurant au 12e rang, la Saskatchewan au 13e, l’Ontario au 16e, Terre-Neuve-et-Labrador au 18e, le Manitoba au 21e et la Colombie-Britannique au 31e. Les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut figurent respectivement pour leur part au 29e et au 37e rang.


L’Institut Fraser a interrogé les dirigeants de 742 sociétés d’exploration et de développement miniers sur le climat d’investissement de 96 territoires dans le monde. L’Indonésie, le Vietnam, le Venezuela et la République démocratique du Congo croupissent au bas du classement.

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