Société de développement Angus - Un centre de santé écoresponsable s’intègre au site du Technopôle

Hélène Roulot-Ganzmann Collaboration spéciale
Le Centre de santé répond à tous les critères de développement durable prônés par la SDA.
Photo: Société de développement Angus Le Centre de santé répond à tous les critères de développement durable prônés par la SDA.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Le 18 février dernier, la Société de développement Angus (SDA) inaugurait le Centre de santé Angus, sur le site du Technopôle. Ce centre regroupe des cliniques de médecine familiale, de radiologie et de physiothérapie et ergothérapie, une pharmacie et un centre de recherche médicale. Et il répond à tous les critères de développement durable chers à la SDA et à son président et chef de la direction, Christian Yaccarini.


«Tout le monde nous disait que ce serait impossible, déclare celui qui s’est battu pendant trois ans pour que son projet voie le jour. Lorsque le CLSC Rosemont s’est installé sur le site du Technopôle Angus, c’était déjà une grande satisfaction, car il s’agit d’un véritable équipement communautaire de nature à amener les gens du quartier sur le site pour qu’ils se l’approprient. Or, nous nous sommes fait dire que, comme dans nombre de CLSC, il n’y avait pas de médecins dans le centre ! L’idée nous est alors venue de créer une clinique… ce qui n’a pas été évident parce que des médecins au chômage, il n’y en a pas ! »


Le hasard s’est alors invité dans la partie en mettant en contact Christian Yaccarini et les médecins de la Polyclinique Maisonneuve-Rosemont, notamment le Dr François Loubert, tous motivés par la création d’un tel centre de santé. Ensuite, les planètes se sont alignées pour arriver aujourd’hui, non seulement à l’ouverture de ce centre de santé, mais aussi à l’obtention auprès du ministère de la Santé du statut de groupe de médecine familiale et de clinique-réseau. « Nous avons aussi été capables d’installer une clinique de radiologie, et ça, c’est fondamental pour attirer des médecins, assure M. Yaccarini. Il y a plus de vingt médecins qui sont là et qui font à la fois du sans-rendez-vous et de la prise en charge. »

 

Écoresponsabilité


Des médecins qui adhèrent tous aux valeurs d’écoresponsabilité prônées par la Société de développement Angus.


D’abord, c’est une clinique sans papier. Tout est informatisé, les prescriptions sont envoyées directement à la pharmacie, le dossier patient est numérique. Ensuite, la salle d’attente est complètement virtuelle. Il suffit de s’inscrire sur le site Internet pour avoir un rendez-vous, même dans la journée, et d’attendre bien confortablement dans son salon ou au bureau. « Enfin, ce centre de santé est très axé sur la prévention, au-delà du curatif, note le président de la SDA. C’est un programme que l’on va d’abord développer pour les employés du Technopôle, et une fois qu’il sera bien rodé, bien en place, on pourra voir s’il y a une allocation de ressources pour pouvoir l’offrir aux habitants de l’arrondissement. L’idée derrière cela, c’est que plutôt que d’aller à la clinique quand on est malade, on y va pour ne pas tomber malade. On sait qu’à moyen terme, ce type de prise en charge amène à faire des économies, mais il y a tellement de besoins et le personnel soignant manque à un point tel que les médecins se concentrent aujourd’hui à 95 % sur le curatif. Petit à petit, notamment grâce au centre de recherche qui est lui aussi sur le site, nous souhaitons que nos médecins deviennent des précurseurs en matière de prévention. »

 

Dès les années 1990


Avec l’installation de cette clinique, le Technopôle Angus compte 885 emplois liés au secteur de la santé, auxquels s’ajouteront 150 travailleurs supplémentaires au printemps 2014, lorsqu’ouvrira le nouveau siège social de l’Ordre des infirmières du Québec. « Ça aussi, c’est une très grande nouvelle, estime Christian Yaccarini. Cet ordre était installé à Westmount depuis plus de cinquante ans […] Les infirmières souhaitaient déménager, agrandir leurs locaux, et elles nous ont choisis, malgré le changement total de quartier, parce qu’elles cherchaient un lieu qui s’inscrive réellement dans une démarche de développement durable. »


Car le développement durable, voilà bien la signature de la SDA, et le Technopôle en est la meilleure des vitrines. Petit retour en arrière. Les années 1990 sont marquées par la crise économique et la crise immobilière à Montréal. De nombreuses manufactures de l’est de la ville ferment, laissant sur le carreau des milliers d’ouvriers. Les usines Angus, propriété du Canadien Pacifique, ne résistent pas à la crise. Elles mettent la clé sous la porte. La population de Rosemont se retrouve nombreuse au chômage et avec cinq millions de pieds carrés contaminés… Le propriétaire souhaite les transformer en projet résidentiel haut de gamme.


« Si c’était logique d’un point de vue économique, explique M. Yaccarini, ça ne l’était pas du tout sur le plan social. La population s’est mobilisée pour maintenir au moins une partie de ce lieu à des fins d’emplois. Nous voulions ramener des emplois variés et susceptibles d’être occupés par les gens du quartier. Nous voulions également un développement écoresponsable. Le Canadien Pacifique a accepté de nous céder la moitié du terrain, payable en dix ans, et c’est ainsi que la Société de développement Angus a vu le jour. »

 

Aujourd’hui


Quinze ans plus tard, le Technopôle accueille 2000 travailleurs chaque jour, un nombre qui doublera une fois le site achevé. Près de la moitié du terrain est occupée, douze immeubles sont sortis de terre, dont le 4100 Molson, certifié Leed-CS Or, une première au Québec pour un bâtiment commercial multilocatif. Le Technopôle, c’est également des plateaux d’insertion au travail, le parc Jean-Duceppe, deux centres de la petite enfance. Le site vient de recevoir un Globe Award for Environmental Excellence, qui récompense une entreprise ayant développé et appliqué des pratiques exceptionnelles en matière de revitalisation urbaine.


Des pratiques exceptionnelles que la SDA applique maintenant ailleurs, notamment dans le quadrilatère Saint-Laurent. Un immeuble a déjà vu le jour, le 2-22, mais d’autres vont suivre, voués au logement, à des bureaux, au commerce et à la culture. « Nous croyons beaucoup à la culture pour revitaliser un quartier, explique Christian Yaccarini. Ça attire du monde dans le secteur, et une fois qu’ils sont là, les gens consomment, vont au restaurant, etc. C’est dans cette optique que nous accompagnons également certains théâtres comme la Licorne ou l’Excentris, à Montréal, ou encore le Diamant, à Québec. Nous amenons de l’ingénierie de projets, nous aidons à la recherche de financement, etc. Mais au-delà de ça, vous ne pouvez pas vous imaginer combien un théâtre génère de déchets ! Pour leurs décors, il y a de la menuiserie, de la soudure, etc. Nous intervenons pour tenter de réduire la production de matières résiduelles, pour voir comment les réutiliser et ainsi éviter qu’elles ne partent directement dans un site d’enfouissement. »



Collaboratrice