Écoconstruction - Rimouski formera une nouvelle génération de travailleurs

Marie-Hélène Alarie Collaboration spéciale
De nombreux travailleurs de toutes les régions du Québec pourront être formés à distance
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir De nombreux travailleurs de toutes les régions du Québec pourront être formés à distance

Ce texte fait partie du cahier spécial Développement durable mars 2013

Au cégep de Rimouski, on va de l’avant avec un projet d’offre de cours en écoconstruction. On forme des professeurs, on est à l’écoute du milieu de la construction, on planifie des échéanciers, bref le projet prendra forme très bientôt et permettra à ce secteur d’activité de mieux s’outiller pour faire face à l’avenir.


C’est dans le cadre des projets régionaux visant l’adéquation entre la formation et l’emploi dans la région du Bas-Saint-Laurent que la formation continue du cégep de Rimouski a présenté son projet de formation en écoconstruction. « Ce sont plusieurs départements du cégep qui ont travaillé à la mise en oeuvre de ce projet en partenariat avec le groupe-conseil Écohabitation de Montréal et le créneau ACCORD écoconstruction », explique Lyne Beaulieu, directrice adjointe à la formation continue et aux services aux entreprises du cégep de Rimouski.


Les créneaux ACCORD ont été mis sur pied par le gouvernement du Québec. Fondés sur des compétences spécifiques reconnues, ces créneaux développent une image de marque pour chacune des régions du Québec afin qu’elles rayonnent sur les plans national et international. Le Bas-Saint-Laurent s’est doté du créneau écoconstruction en février 2011. Plusieurs facteurs expliquent cette initiative, dont la forte concentration d’entreprises de construction dans la région et la proximité d’une matière première : le bois. Mais a joué aussi la volonté de la région de participer à ce mouvement nord-américain visant à construire des habitations plus vertes. Ce créneau d’excellence ouvre de nombreux horizons et autant de possibilités de développement. Il n’en fallait pas plus pour le cégep de Rimouski saute dans le train.

 

L’avenir, c’est maintenant


Le plan stratégique quinquennal 2010-2015 du cégep de Rimouski témoigne de la volonté de l’établissement de s’inscrire dans une démarche écoresponsable tout en devenant un partenaire du créneau. Une des actions prises dans ce sens aura été de privilégier l’approche du bâtiment vert dans tous les programmes de formation techniques offerts au cégep - tant à l’enseignement régulier qu’en formation continue - dans le secteur de la construction afin de qualifier les futurs travailleurs de cette industrie.


Dès l’automne 2010, le cégep élaborait une première phase de l’offre de service en formation continue. D’abord en association avec le Conseil du bâtiment durable du Canada, puis avec Vertima, une firme spécialisée dans le système d’évaluation LEED, on a pu offrir des formations d’initiation à l’écoconstruction.


Depuis, le cégep a aussi proposé une formation dans le but de préparer les examens d’associé écologique LEED du Conseil du bâtiment durable du Canada. De plus, au cours de l’année 2012, la formation continue du cégep de Rimouski a développé les contenus du futur programme d’attestation d’études collégiales en construction durable et écocollectivité. En 2013, c’est la phase de promotion des activités de formation qui est lancée.


Concrètement, le cégep de Rimouski s’implique étroitement dans les projets du créneau ACCORD. Par exemple : « Parmi les activités auxquelles on s’associe, il y a la construction d’une maison écologique dans la Métis. Située aux Jardins de Métis, la maison sera une vitrine de ce qui se fait en construction verte et jouera aussi un rôle éducatif auprès du public », explique Mme Beaulieu.

 

Formation à distance


Le programme se décline en différents modules qui touchent l’ensemble du domaine de l’écoconstruction : les différents systèmes de certification, le traitement de l’eau, la mécanique du bâtiment, la construction, les matériaux, la finition, les énergies renouvelables, la conception intégrée ainsi qu’un volet santé et les écoquartiers. Ce seront donc 33 modules de 7 ou 14 heures auxquels viendra se greffer la formation préparatoire aux examens d’associé écologique LEED. Pour la mise en oeuvre de ce projet, le cégep fera appel à la collaboration de l’ensemble des partenaires.


« Ce programme s’adresse à tous les acteurs concernés par le monde de la construction et qui s’intéressent de près ou de loin à l’écoconstruction. On pense aux entrepreneurs, aux ouvriers, mais aussi aux vendeurs de matériaux », explique Lyne Beaulieu. Comme on n’en est qu’aux premiers pas du développement du secteur de l’écoconstruction, il est important que les entreprises de la région du Bas-Saint-Laurent acquièrent les connaissances et les compétences nécessaires pour bien comprendre tous les enjeux de ce domaine. De plus, ces mêmes entreprises doivent, afin d’obtenir des contrats, prouver leur expertise et leurs qualifications ainsi que la certification de leurs produits et de leurs travailleurs.


« Mais on aura beau mettre sur la table le plus beau des gâteaux, si personne n’est là pour le manger, ça ne sert à rien », plaisante Mme Beaulieu. Afin de faire la promotion de ce projet, le cégep a fait appel au service d’une personne-ressource qui est chargée de rencontrer les dirigeants d’entreprises afin de présenter le projet et de susciter les inscriptions.


Au cégep de Rimouski, on se doute bien qu’avec l’engouement pour l’écoconstruction, les besoins de formation dépasseront largement la région du Bas-Saint-Laurent. C’est pourquoi on a choisi de donner la formation bien sûr sur place, c’est-à-dire en classe ou en entreprises, mais aussi à distance en mode virtuel. Ici, différentes configurations sont possibles afin de favoriser la participation. Ainsi, on pourra assister aux cours en poste autonome à partir d’un ordinateur ou regroupé en entreprise. Le cégep tenait à offrir cette flexibilité afin de mettre la formation à la portée de plus d’étudiants et d’ainsi diminuer leurs déplacements et les frais qui s’y rattachent.


On souhaite que ce projet rassembleur puisse mobiliser les entreprises, les promoteurs de projets, les élus et les professionnels autour d’un même enjeu et aussi rapprocher le cégep et les entreprises dans le développement de l’expertise régionale en écoconstruction.


 


 

Collaboratrice

À voir en vidéo