Grande-Bretagne - La décote n’entame pas la détermination d’Osborne

Le ministre britannique des Finances, George Osborne.
Photo: Agence France-Presse (photo) Le ministre britannique des Finances, George Osborne.

Londres — Le ministre britannique des Finances, George Osborne, a réaffirmé lundi que le cap de la rigueur budgétaire serait maintenu malgré la perte du triple A qui a été ignorée par la Bourse de Londres, mais qui a en revanche maintenu la livre sous pression.

« Le message [de Moody’s] à ce gouvernement et à ce Parlement est explicite : la note du Royaume-Uni pourrait être encore dégradée si l’engagement politique envers l’assainissement budgétaire diminuait », a souligné le Chancelier de l’Échiquier devant les députés après la dégradation vendredi soir de la note du pays d’un cran à Aa1 par Moody’s. « Nous pouvons abandonner nos efforts […] et faire empirer une situation difficile ou nous pouvons redoubler nos efforts pour vaincre notre dette […] et donner à nos enfants une situation économique bien meilleure que celle dont nous avons hérité de nos prédécesseurs », a ajouté M. Osborne, artisan d’une sévère cure d’austérité accusée par l’opposition d’avoir tué la croissance.


« C’est ce que je vais faire, c’est ce que ce gouvernement va faire », a encore martelé le ministre face à une opposition travailliste le qualifiant de « Chancelier dégradé » et l’appelant à démissionner après cette « humiliation » qui intervient moins d’un mois avant la présentation du budget le 20 mars.


M. Osborne s’est en outre félicité de la réaction des marchés qui ont dans l’ensemble ignoré la décision de Moody’s. « Nous n’avons pas vu de volatilité excessive sur les marchés aujourd’hui. La notation est un repère important pour tous les pays mais la politique économique de ce gouvernement est testée en permanence sur les marchés et elle n’a pas été jugée inadéquate aujourd’hui », a-t-il estimé.


La Bourse de Londres a en effet clôturé en hausse de 0,3 % tandis que le taux des obligations britanniques à 10 ans était en légère baisse à 2,077 % contre 2,109 % vendredi en fin de journée. « Les conséquences économiques… seront limitées, en grande partie parce que les marchés ont déjà anticipé un abaissement de la note et parce que la perte du triple A ne constitue plus un stigmate, comme cela aurait pu l’être il y a quelques années », a commenté Howard Archer, économiste du cabinet IHS Global Insight.


Les États-Unis et la France ont ainsi déjà été privés de leur AAA sans que cela n’ait de conséquences économiques graves.


La livre s’est en revanche retrouvée sous pression et est tombée en début d’échanges asiatiques à de nouveaux plus bas niveaux depuis juillet 2010 face au dollar (1,5073 dollar pour une livre) et depuis octobre 2011 face à l’euro (87,74 pence pour un euro) avant de remonter légèrement en fin de journée. La devise accentuait ainsi un mouvement de repli initié la semaine précédente par les spéculations sur la perte du triple A et par la perspective de voir la Banque d’Angleterre procéder à de nouveaux rachats d’actifs.


Cet affaiblissement de la livre est à double tranchant : il a l’avantage d’améliorer la compétitivité à l’exportation mais renchérit les importations et risque d’encourager encore l’inflation, déjà substantielle. La hausse des prix accroît la pression sur les finances des ménages britanniques, déjà sous la pression du plan d’austérité gouvernemental. Si elle se poursuit, elle pourrait aussi compliquer la tâche de la Banque d’Angleterre pour soutenir l’économie britannique par le biais de rachats d’actifs.


Mais la banque centrale, qui aura à sa tête le canadien Mark Carney cet été, a cependant récemment indiqué qu’elle était prête à laisser l’inflation fluctuer un certain temps autour de son objectif de 2 %.

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