Malartic, une cohabitation pas toujours paisible

Photo: Source Osisko

Le gouvernement devra décider du « bruit acceptable » des activités de la plus importante mine d’or au Québec au terme d’un nouvel épisode de l’histoire de la cohabitation pas si paisible de la compagnie minière Osisko et des résidants de Malartic, soucieux du développement économique de leur région, mais également de leur qualité de vie.


Après avoir convaincu le gouvernement du Québec d’assouplir les règles entourant ses opérations de dynamitage dans la fosse de la mine Canadian Malartic, Osisko exhorte le ministre du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs, Yves-François Blanchet, d’élever le plafond de décibels autorisés dans sa mine à ciel ouvert.


Les émissions sonores de la mine d’or ne doivent pas dépasser 45 décibels le jour et 40 décibels la nuit. « Ça réduit de temps en temps les opérations minières », a souligné la porte-parole d’Osisko, Hélène Thibault, précisant que la société minière requiert aujourd’hui l’autorisation de 55 décibels le jour et de 50 décibels la nuit. « Les technologies nous ont permis de réduire à un certain niveau le bruit. Ça va nous permettre de ne pas arrêter les équipements lorsqu’on voit qu’on est sur le point de dépasser la norme. »


« On va maintenir les choses sous cette forme-là tant que les discussions n’auront pas été plus loin », a affirmé cette semaine Yves-François Blanchet, alors qu’il était questionné sur les autorisations délivrées à Osisko.


Le conseil des ministres a donné le feu vert à des sautages d’une durée maximale de 15 secondes plutôt que de six secondes entre 11 h et midi et entre 15 et 16 h.


Le Regroupement du quartier sud de Malartic a accueilli « avec une très grande déception » et « beaucoup d’inquiétude » la décision du gouvernement péquiste. Celui-ci « ne se préoccupe pas du tout des droits, ni du sort réservé aux citoyens en acceptant d’assouplir certaines normes », a-t-il déploré jeudi.


Osisko accumule année après année les avis de non-conformité du ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs pour ignorer les niveaux sonores autorisés. Malgré ces entorses aux règles, « au-delà de 84 % des gens nous appuient dans le projet Malartic », a fait remarquer le vice-président Finances de la Corporation minière Osisko inc., Bryan A. Coates, il y a deux semaines, à l’occasion du Salon des ressources naturelles. « Des fois, quand on lit les journaux, ce n’est pas la même chose qu’on a. […] On a apporté beaucoup d’améliorations à la qualité de la vie à Malartic. »


La compagnie compte 640 employés à Canadian Malartic, 45 % d’entre eux demeurant à l’intérieur des frontières de la ville de Malartic. « Le salaire moyen chez nous, à Canadian Malartic, c’est 103 000 $ ! », a précisé M. Coates.


Osisko a affiché jeudi des profits nets au quatrième trimestre presque quatre fois moins importants qu’il y a un an, à 9,6 millions de dollars ou 2 cents par action. La mine Canadian Malartic constitue « un tremplin pour former une multinationale québécoise dans le secteur aurifère », a fait valoir M. Coates, qui est également le chef de la direction financière.

5 commentaires
  • Raymond Chalifoux - Abonné 22 février 2013 08 h 02

    Tiens, une idée

    Et si Osisko embauchait Nicolo Milioto au poste de... "Responsable des relations avec les voisins"...

    Bon, ok, toutes les idées ne sont pas forcément géniales, on peut prélablement cogiter un ti-brin avant de passer à l'acte... Mais il y a une limite à vouloir vivre à Malartic, comme on vit à Duvernay, Laval.

    PS: Et à tous ceux qui n'ont jamais vu l'endroit, je dirais ceci: En matière d'opinion, ici, et si vous décidiez de vous garder une tite-gêne, mettons...

  • André Michaud - Inscrit 22 février 2013 09 h 07

    Division

    Dans un documentaire à RC on pouvait voir une majorité de citoyens , dont le maire, qui étaient très content de voir arriver la minière et les sortir du chômage et du BS qui faisait fuir les jeunes. Avant c'était une ville fantôme, ou prresque.

    Cependant ceux qui sont tout à côté de la mine se trouvent très dérangés et refusent d'être déplacés par la compagnie. Certains semblent en profiter pour essayer de vendre leur maison à la minière très au-dessus du prix réel..

  • Sylvain Auclair - Abonné 22 février 2013 09 h 32

    Dix fois plus

    Ne pas oublier qu'une augmenter de 10 décibels, ça veut dire un bruit dix fois plus puissant.

  • Denis Miron - Inscrit 22 février 2013 09 h 46

    Ne soyons pas dupe de cette photo...

    Cette photo ne représente en rien le décor actuel au même endroit. Pourquoi alors l’utiliser? Est-ce pour adoucir l’image de la minière?
    Représenter ce même lieu dans son actualité réelle, aurait sans doute fait beaucoup plus de bruit que cette photo où la verdure semble à peine être dérangée par la présence de la mine, car ce que l’on voit aujourd’hui, au lieu de cette verdure, c’est un énorme trou avec un mur de remblai en pierre. Ne soyons pas dupe de cette photo…

    • Sylvain Auclair - Abonné 22 février 2013 11 h 42

      Merci de cette remarque.