Mount Real: le procès pourrait durer un an

Le procès qui doit débuter le 12 mars pour le fondateur de Mount Real, Lino P. Matteo, pourrait prendre un an, car environ 230 témoins sont attendus, affirme le porte-parole de l’Autorité des marchés financiers.

Le scandale Mount Real, moins connu que celui de Norbourg, est une affaire complexe qui s’est soldée par des pertes de 130 millions et a fait environ 1600 victimes au cours des années 2000.


Alors que la société se disait spécialisée dans la vente d’abonnements à des magazines, il a été allégué plus tard que les opérations de l’entreprise, un véritable labyrinthe de filiales, étaient financées à même l’argent des investisseurs.


« On a quand même saisi 350 boîtes de documents qui représentent près de 42 gigaoctets de données », a dit mardi le porte-parole de l’AMF, Sylvain Théberge.


Étonnamment, les perquisitions dans huit lieux en décembre 2005 se sont déroulées quelques mois seulement après celles du dossier Norbourg. Celui-ci, un détournement de 115 millions, est aujourd’hui clos après de multiples condamnations et une entente à l’amiable entre de grands établissements et les 9200 victimes.


Ce très grand nombre de témoins et de jours de procès pour Mount Real rappelle ce qui était prévu pour le recours collectif des victimes de Norbourg avant le règlement de 55 millions. Au début de 2010, un juge de la Cour supérieure avait décidé que les procédures prendraient pas moins de 135 jours d’audition, compte tenu des 110 témoins et experts qui étaient attendus à la barre.


Ce recours visait non seulement Vincent Lacroix et certains ex-employés de Norbourg, mais aussi l’AMF, KPMG, Northern Trust et autres.


Les accusations portées par l’AMF contre cinq dirigeants de Mount Real - dont un qui a décidé de se mettre à table - découlent de diverses infractions à la Loi sur les valeurs mobilières du Québec. Entre autres, il est question d’avoir récolté de l’argent des investisseurs sans prospectus et d’avoir « aidé à fournir de l’information fausse ou trompeuse susceptible d’affecter la valeur ou le cours des titres ».


L’ex-dirigeant qui a collaboré avec l’AMF est Paul D’Andrea, qui avait déposé une reconnaissance de culpabilité en 2008. Il a récemment écopé d’une amende de 655 000 $. Les quatre autres sont Lino P. Matteo, Joseph Pettinicchio, Laurence Henry et Andris Spura. À lui seul, M. Matteo fait face à plus de 300 chefs.


Le procès va se dérouler en Cour du Québec.

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