Le G20 réuni à Moscou - L’économie a besoin d’un coup de fouet

Vladimir Poutine a invité le G20 à mettre l’économie mondiale «sur une trajectoire ferme de croissance».
Photo: Agence France-Presse (photo) Alexander Nemenov Vladimir Poutine a invité le G20 à mettre l’économie mondiale «sur une trajectoire ferme de croissance».

Moscou — Les pays riches et émergents du G20 se sont réunis vendredi à Moscou pour tenter de mettre fin à la « stagnation » de l’économie mondiale, plombée par la zone euro, dans l’espoir d’écarter la menace d’une « guerre des monnaies » ravivée par le Japon.


Le « principal défi » du G20 est de sortir « l’économie mondiale de la stagnation et de l’incertitude pour la mettre sur une trajectoire ferme de croissance », a déclaré le président russe Vladimir Poutine à l’ouverture, au Kremlin, d’une réunion de deux jours des ministres des Finances des principaux pays riches et émergents.


Pour la première fois depuis longtemps, les craintes d’un éclatement ravageur de l’euro ne sont pas au coeur de la réunion. Mais les statistiques publiées jeudi ont remis la zone euro sur la sellette : la récession a été plus grave que prévu l’an dernier. Et « l’économie ne va redémarrer que lentement au cours de cette année », a prévenu à Moscou le commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn. Or il s’agit du principal frein à la reprise mondiale.


La Russie a fait de la quête de nouvelles « sources de croissance » une priorité de sa présidence du G20, en vue du sommet de Saint-Pétersbourg en septembre. Alors que les excès de rigueur budgétaire commencent à être dénoncés pour leur effet néfaste sur l’activité, Moscou entend assouplir les objectifs fixés en 2010 à Toronto, lorsque les pays riches du G20 s’étaient engagés à réduire d’au moins moitié leurs déficits à l’horizon 2013. « Nous devons adopter des objectifs réalistes et atteignables », a déclaré vendredi le ministre russe des Finances, Anton Silouanov. L’échéance pourrait être repoussée à 2016, a-t-il suggéré, constatant que plusieurs pays ne seront pas au rendez-vous cette année.


La Commission européenne vient d’accepter d’envisager des délais pour la réduction des déficits. Reste à savoir si la très orthodoxe Allemagne acceptera un relâchement de l’austérité.


Certains pays européens, dont la France, s’inquiètent de leur côté de la vigueur de l’euro, qui handicape leurs exportations. En cause, les politiques monétaires des États-Unis et du Japon, qui font tourner la planche à billets pour soutenir leur économie, avec pour effet de déprécier leurs devises, au grand dam de leurs partenaires commerciaux, pays émergents en tête. Les craintes d’une « guerre des monnaies » provoquée par un enchaînement de dévaluations compétitives menées par des pays en quête de croissance ont été ravivées par le récent virage japonais. La banque centrale du Japon a cédé aux pressions du gouvernement pour soutenir l’économie en créant de la monnaie, une politique courante aux États-Unis mais que s’interdit la Banque centrale européenne (BCE). « Il a été dit de façon très claire à peu près par tous les intervenants que la politique monétaire ne devait pas être utilisée à des fins de change et qu’il fallait éviter les stratégies de dévaluation compétitive », a déclaré le ministre français des Finances, Pierre Moscovici, à l’issue du dîner de vendredi. Selon lui, le G20 convient qu’il revient « toujours aux marchés de fixer les taux de change ».


Le G7 des pays riches, dont le Japon, a publié un communiqué en ce sens mardi. Le « message » du G7 est le même que celui « que j’ai retenu de la discussion de ce soir », a insisté Pierre Moscovici, précisant que Tokyo ne serait pas nommément cité dans le communiqué final attendu samedi. En fait, le texte devrait être un peu en deçà de celui du G7, selon un négociateur, et calquer peu ou prou les dernières déclarations du G20 appelant à « aller rapidement vers un système de changes davantage déterminé par les marchés ».


Plusieurs voix ont tenté de désamorcer la controverse. Le Fonds monétaire international a ainsi jugé les craintes de conflit monétaire « exagérées », tout comme plusieurs responsables de la BCE. Le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurría, est allé jusqu’à dédouaner États-Unis et Japon, dont les politiques n’ont selon lui d’autre but que de soutenir la croissance.


« Tout le monde récuse toute idée de guerre des monnaies », a affirmé Pierre Moscovici.

1 commentaire
  • Maxime St-Jacques - Inscrit 16 février 2013 13 h 45

    Le prisme de la croissance intérieure

    La croissance économique est un concept inventé dans les années 1920 visant à la perrénité de l'économie intérieure. En investissant dans sa propre économie, on peut bien certainement créer emploi et réduire chômage à court terme, mais la course vers cet impétueux immédiat soutient une franchise non avouée de compétitivité dans le cadre criant d'aujourd'hui. Voici pourquoi:

    La demande intérieure ne peut satisfaire l'équilibre international en créant de la monnaie. L'on ne peut garder pour les autres pays que les miettes de notre table. En créant un fardeau fiscal sur les générations à venir, l'on crée une compétitivité croissante et inflationniste sur le retour d'investissement. Il n'y a donc de retour que pour les savants statistiques qui font une science de l'inceritude et une religion de la précarité de l'emploi.

    Les vrais besoins proviennent de la terre, et le produit que l'on en fait exerce une pression grandissante sur les loi du marché. Plus il y a de varificateurs, plus il y a de manquement à la loi morale et moins il y a de juges, plus la loi est naturelle n'est-ce pas?

    La loi naturelle est donc bien une loi d'inertie et de liberté, ce à quoi contrevient la spéculation basée sur l'efficience. Mais la maximisation d'un bonheur collectif est le but de l'État nation. C'est ainsi le bonheur du grand nombre que ne peut soutenir l'économie au profit de quelques uns. Mais la raison d'état devant garantir le bonheur du grand nombre par une loi de liberté, pourquoi l'OCDE recherche-t-elle la maximisation de la liberté économique? Il faut respecter nos lois si on ne peut les appliquer à l'avantage des marchés internationnaux et non faire des exceptions de la règle pour convenir au bien de ceux qui n'en respectent pas le principe. Le G20 est responsable de l'ensemble de la collectivité à ces termes.

    Dans une économie mondialisée, les avantages comparatifs est tout ce qu'il faut, je le répète. merci