Fonds locaux - Petit projet deviendra grand

Caroline Rodgers Collaboration spéciale

Ce texte fait partie du cahier spécial Fonds de solidarité FTQ

Bien des entrepreneurs ont des idées de génie sans avoir les sous pour les concrétiser. Un coup de pouce financier, parfois risqué, s’avère indispensable. Grâce aux Fonds locaux de solidarité FTQ, ces PME peuvent obtenir les quelques milliers de dollars en prêts à risques nécessaires à leur démarrage, à leur expansion ou à leur consolidation.


« Dans l’ensemble, les Fonds locaux de solidarité disposent de 76 millions, et chaque fonds local dispose d’un million, dit Jean-René Laforest, directeur général des Fonds locaux de solidarité FTQ. Nous fournissons 750 000 $ pour chaque fonds local, et le milieu, par exemple les municipalités et d’autres partenaires, fournit 250 000 $. Ils investissent de 5000 à 100 000 $ par entreprise, la moyenne d’investissement se situant autour de 32 000 $. »


Ces fonds sont cependant gérés par les Centres locaux de développement, en région, et, à Montréal, par les Corporations de développement économique communautaires des arrondissements. « Ce sont eux qui reçoivent les demandes d’investissement, qui évaluent les dossiers et qui prennent les décisions. Ils connaissent bien les besoins de leur milieu ainsi que leurs priorités, et nous leur faisons confiance », ajoute-t-il.


Depuis le début de l’existence des Fonds locaux de solidarité, 2855 projets ont obtenu du financement. Au cours de la dernière année - la meilleure de tous les temps -, 223 projets ont été retenus.


« Les Fonds locaux ont permis la création de 27 418 emplois, un total duquel nous avons soustrait les emplois perdus, car évidemment, certaines de ces entreprises ont fermé. Chaque emploi créé représente en moyenne 3300 $ en investissement, ce qui est un coût très faible. La moyenne est de neuf emplois créés par projet. »

 

Une PME en technologie médicale


Emovi, une petite firme montréalaise qui commercialise un système d’évaluation du genou en mouvement, s’est servie des Fonds locaux de solidarité pour se lancer à la conquête du milieu médical. La nouvelle technologie qu’elle a acquise est issue de la collaboration en recherche de trois institutions universitaires : le CHUM, Polytechnique et l’École de technologie supérieure. L’appareil est fabriqué à Montréal et l’entreprise compte dix employés. L’appareil porte le nom de KneeKG, soit « K » pour kinematic et « G » pour graphic, puisque le système permet d’obtenir un tracé, ou graphie, du genou et d’indiquer automatiquement au médecin les anomalies biomécaniques présentes.


« Présentement, on traite beaucoup les maux de genoux par essais et erreurs, car nous n’avons pas d’informations sur ce qui se passe à l’intérieur du genou pendant qu’il bouge, explique Michelle Laflamme, présidente d’Emovi. Grâce à cette nouvelle technologie, on va pouvoir aller chercher les mouvements des os avec précision, et ainsi mieux comprendre les causes et les symptômes des maux pour mieux cibler les traitements. »


C’est grâce au Fonds local de solidarité qu’Emovi a pu passer du stade de démonstration à celui de sa première vente. « En 2007, nous avons obtenu une licence et procédé aux essais cliniques puis nous avons développé des algorithmes à l’intérieur d’un logiciel, qui permettent aux médecins de faire une corrélation entre le déficit mécanique que l’on mesure, et ce que cela signifie sur le plan clinique. Nous avons fait approuver le système par Santé Canada, et par la Food and Drug Administration en 2010


Mais il n’est pas simple d’introduire une nouvelle technologie dans le système médical. « Le marché se développe sous l’impulsion des chefs de file qui influencent les pratiques médicales grâce aux publications scientifiques, ajoute-t-elle. Nous avons obtenu de bons appuis. »


« Au début j’ai financé le démarrage par moi-même, dit l’entrepreneuse. Pour obtenir du financement traditionnel, il faut avoir déjà effectué des ventes et un historique de revenus que nous n’avions pas. Il fallait démontrer qu’il y avait vraiment un marché pour cette technologie. Le Fonds local d’investissement nous a aidés à traverser cette première phase. Cet argent nous a servi à finaliser notre stratégie et à réaliser nos premières ventes. »


Aujourd’hui, une vingtaine de ventes sont en discussions aux États-Unis et en France.



Collaboratrice

À voir en vidéo