Guerre des monnaies - L’Allemagne craint une nouvelle crise

Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble
Photo: Mie Brinkmann Associated Press Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble

Francfort – Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a mis en garde mercredi contre une nouvelle crise financière si les grandes puissances industrielles continuaient d’inonder l’économie mondiale de liquidités, selon des propos rapportés par l’agence Dow Jones Newswires.


« Nous ne serons pas capables d’éviter une autre crise ‘‘à la 2008’’ si une proportion croissante de monnaie est injectée dans l’économie », a déclaré M. Schäuble, des propos visiblement destinés aux États-Unis et au Japon qui font marcher la planche à billets pour soutenir leurs économies. « Je vais leur dire : si seulement vous suiviez l’exemple de la zone euro. La croissance durable ne peut être réalisée que sur la base d’une politique budgétaire durable », a ajouté M. Schäuble lors d’une réunion publique de son parti, la CDU, à Fellbach près de Stuttgart, à deux jours de la réunion du G20 des Finances à Moscou.


Les politiques d’assouplissement monétaire menées par Washington et Tokyo soulèvent aussi l’inquiétude en France, mais sur un autre thème : celui des taux de change et de la perte de compétitivité des économies de la zone euro dont la monnaie a rapidement progressé depuis quelques semaines face au dollar et au yen.


Mardi, les pays du G7 - Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni - ont tenté de déminer les craintes d’une « guerre des monnaies » en publiant un communiqué dans lequel, tout en réaffirmant qu’ils laissaient au marché le soin de fixer librement les taux de change, ils jugeaient que leur « volatilité excessive » était négative. Selon une source gouvernementale allemande, cette question des taux de change est « du point de vue du gouvernement allemand close avec le communiqué du G7 mardi ».


Par ailleurs, M. Schäuble a déclaré mercredi qu’il soulèverait la question de la nécessité d’une meilleure coordination mondiale pour combattre la concurrence déloyale en matière de taux d’imposition, selon Dow Jones Newswires.