Elles sont actionnaires...

Pierre Vallée Collaboration spéciale

Ce texte fait partie du cahier spécial Fonds de solidarité FTQ

L’une est mariée, mère de deux bambins et habite à Gatineau, l’autre est célibataire, sans enfants et vit à Montréal. Qu’ont en commun Stéphanie Dumoulin et Mélissa Hervieux ? Elles sont toutes deux actionnaires du Fonds de solidarité de la FTQ.


« Je suis devenue actionnaire du Fonds de solidarité alors que j’étais encore étudiante, et comme beaucoup d’étudiants, j’avais un travail, dans mon cas, au Casino du Lac-Leamy, raconte Stéphanie Dumoulin, jeune mère de 28 ans. C’est le représentant local du Fonds au Casino qui m’a approchée. Je ne connaissais rien aux REER et c’est lui qui m’a tout expliqué. J’ai commencé par une petite cotisation prélevée sur mon chèque de paie. »


Âgée de 35 ans, Mélissa Hervieux est devenue actionnaire du Fonds un peu plus tardivement. « J’ai commencé à investir dans le Fonds de solidarité au début des années 2000 lorsque j’ai obtenu un poste de directrice technique à Radio-Canada, ce qui venait stabiliser ma situation financière. C’est mon père qui m’a parlé en premier du Fonds et de ses avantages. »


Elle a aussi choisi, comme tant d’autres, de contribuer au Fonds à l’aide de la retenue sur la paie. Une solution qu’a dû abandonner Stéphanie Dumoulin. « Après mes études, je me suis trouvé un travail en communications au gouvernement fédéral et il n’offre pas ce service. J’ai donc choisi le prélèvement bancaire. »

 

Les avantages du Fonds


À la fois pour Stéphanie Dumoulin et Mélissa Hervieux, la première raison pour laquelle elles ont choisi le Fonds de solidarité est le crédit d’impôt supplémentaire ainsi obtenu. La seconde raison est le caractère propre du Fonds de solidarité. « Je savais qu’en investissant dans le Fonds de solidarité, raconte Mélissa Hervieux, j’investissais aussi dans un fonds équitable. »


Même son de cloche chez Stéphanie Dumoulin. « L’argent que j’investis dans le Fonds, le Fonds par la suite l’investit dans des entreprises québécoises. L’argent que je mets de côté sert ainsi à aider l’économie québécoise. De plus, moi, je tiens à savoir où va mon argent, et à cet égard, le Fonds est beaucoup plus transparent que le sont les banques traditionnelles dont les visées sont purement capitalistes. Le Fonds, lui, vise aussi le bien collectif. »


Le service à la clientèle est aussi un élément qui entre dans l’équation, selon Stéphanie Dumoulin. « Vous avez votre carnet d’actionnaire, il y a le site Internet, vous avez en main tous les outils nécessaires pour suivre l’évolution de vos placements et ainsi faire des choix éclairés. De plus, vous pouvez facilement joindre par téléphone une personne qui répondra à toutes vos questions. »

 

Accès à la propriété


Les deux jeunes femmes n’ont pas tardé à utiliser les sommes épargnées dans leur REER du Fonds de solidarité pour accéder à la propriété grâce au régime d’accès à la propriété (RAP). « En combinant l’argent de mon REER du Fonds, ainsi que la somme du REER de mon mari, nous avons pu faire une mise de fonds de 10 000 $ pour l’achat de notre première maison, raconte Stéphanie Dumoulin. Et cela, seulement 5 ans après avoir commencé à contribuer au Fonds. »


Idem pour Mélissa Hervieux. « En 2009, j’avais accumulé assez d’argent dans le REER du Fonds pour m’en servir pour faire l’acquisition d’un condo. En combinant cette somme avec celle que j’avais déjà dans un REER traditionnel, j’ai pu disposer d’une somme de 8000 $. » Depuis, Mélissa Hervieux a vendu ce condo pour en acheter un autre, de taille supérieure.


Aujourd’hui, la priorité pour ces deux jeunes femmes est de rembourser les sommes utilisées pour le RAP. « Mais comme je dispose de 15 ans pour rembourser sans subir de pénalité, précise Stéphanie Dumoulin, le fardeau mensuel est tout à fait gérable. »


Comptent-elles fournir un effort supplémentaire ? « Pas dans l’immédiat, explique Mélissa Hervieux. Je me contente de rembourser le RAP pour le moment. J’ai aussi un CELI auquel je contribue, mais il s’agit d’une épargne que je fais uniquement pour pallier un imprévu. »


Et Stéphanie Dumoulin de poursuivre : « Lorsque ma situation financière s’améliorera, je compte bien cotiser davantage que le seul remboursement du RAP. Mais je viens aussi d’ouvrir un REEE pour mes enfants dont je dois tenir compte. »


Il faut aussi ajouter que la retraite est bien loin pour ces deux jeunes femmes. « J’ai choisi plutôt de rembourser plus rapidement mon RAP, en 12 ans plutôt que 15, explique Mélissa Hervieux. Mais une fois le remboursement terminé, je compte bien préparer mon après-carrière en continuant à cotiser à mon REER du Fonds. »


Aux jeunes qui arrivent sur le marché du travail ou qui y sont déjà, mais qui ne cotisent pas à un REER du Fonds de solidarité, ces deux actionnaires ont un seul conseil. « Commencez à cotiser le plus tôt possible, dit Mélissa Hervieux, c’est ce qui fait toute la différence. » Et Stéphanie Dumoulin de renchérir : « Je suis vraiment contente d’avoir commencé tôt. Le fait que l’on puisse rapidement se servir de cette épargne pour faire l’achat d’une première maison devrait convaincre tous les jeunes qu’il n’y a aucune raison valable pour remettre ça à plus tard. »


 

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