Boeing se veut rassurant au sujet du Dreamliner

James McNerney
Photo: Agence France-Presse (photo) Alex Wong James McNerney

Les dirigeants de Boeing se sont voulus rassurants mercredi sur le 787, affirmant que l’enquête sur les incendies de batteries avançait et ils n’anticipent pas pour l’instant d’impact sur les finances du constructeur américain.


« Notre première priorité pour 2013 est de résoudre le problème de batterie sur le 787 et de remettre ces avions en service en toute sécurité, a affirmé James McNerney. Nous pensons que de bons progrès sont réalisés pour déterminer la cause de ces événements », a-t-il déclaré mercredi lors d’une conférence d’analystes en marge de la publication des résultats du groupe. « Tous les experts dans ce domaine sont mobilisés » et « nous travaillons de manière productive » avec les autorités aériennes américaines et japonaises notamment, a ajouté M. McNerney, tout en admettant que le problème n’est toujours pas résolu.


L’autorité de sécurité aérienne américaine a tout juste annoncé mardi que l’enquête se concentrait à présent sur une étude au microscope de la batterie qui a brûlé à bord d’un avion à Boston début janvier.


M. McNerney s’est de nouveau dit « profondément désolé » de l’impact de ces incidents sur les compagnies aériennes clientes, qui ont dû annuler des dizaines de vols. La compagnie japonaise All Nippon Airways (ANA), compagnie qui détient la plus grosse flotte de 787 (17 appareils sur 50 en circulation dans le monde) a ainsi annulé des centaines de vols à cause de l’interdiction d’exploitation des 787. Les autorités américaines ont décidé le 16 janvier de clouer au sol les 787 enregistrés aux États-Unis, ce qui a entraîné une interdiction de vol dans le monde entier.


Le groupe ne prévoit pour l’instant « aucun impact financier » provenant des déboires de son Dreamliner même si le directeur financier, Greg Smith, a laissé entendre que cela pourrait changer et que le groupe informerait alors les investisseurs. M. McNerney a rappelé que le constructeur continuait de produire cinq 787 par mois, même si les livraisons aux clients sont suspendues, et qu’il prévoyait toujours d’accélérer la production à 10 appareils par mois d’ici fin 2013. Il compte aussi livrer au moins 60 de ces appareils cette année.


La situation financière du constructeur aéronautique reste bonne : il a publié mercredi un bénéfice 2012 meilleur qu’attendu, en légère baisse à 3,9 milliards à cause de sa division de défense et d’impôts beaucoup plus élevés qu’un an plus tôt. Ses liquidités s’élevaient fin 2012 à 13,5 milliards pour une dette de 10,4 milliards, avec un carnet de commandes de 390 milliards, soit 4400 avions.


Possibles annulations


Si l’immobilisation du 787 se poursuit, le groupe s’expose toutefois à de possibles annulations de commandes, à devoir verser d’importantes pénalités ou indemnisations à ses clients, et à des coûts de stockage élevés pour ses avions produits mais non livrés. Sans compter le coût de possibles modifications de sa batterie ou du système électrique du 787 que pourraient être amenées à décider les autorités aériennes.


Alors qu’ANA et Japan Airlines (JAL) ont reconnu mercredi avoir dû changer plusieurs batteries lithium-ion sur des Boeing 787 avant les deux débuts d’incendies qui ont immobilisé tous ces avions, M. McNerney a affirmé qu’il s’agissait de remplacement de « routine », d’opérations de « maintenance » qui n’étaient pas liés à « des problèmes de sécurité ». Il a toutefois admis que le rythme des remplacements de batteries depuis la mise en service des 787 avait été « légèrement plus élevé » que prévu.


Enfin, il a affirmé que l’avionneur gardait confiance dans les batteries au lithium-ion. « Il n’y a rien que nous ayons appris qui nous mène à remettre en question » cette technologie.

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