Ayant vendu du Couche-Tard, Metro pourra racheter ses actions

Le chef de la direction de Metro, Éric La Flèche, dit n’avoir arrêté aucune décision sur l’usage qu’il fera des sommes encaissées après la vente d’actions de Couche-Tard.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Le chef de la direction de Metro, Éric La Flèche, dit n’avoir arrêté aucune décision sur l’usage qu’il fera des sommes encaissées après la vente d’actions de Couche-Tard.

La société montréalaise a indiqué à ses actionnaires, rassemblés mardi pour leur assemblée annuelle, que les suggestions sur ce qu’elle pourrait faire du montant recueilli n’étaient que pure « spéculation ». Le chef de la direction, Éric La Flèche, a plus tard indiqué aux journalistes que Metro étudierait toutes les occasions d’acquisition pour croître et réaliser des synergies de coûts, mais qu’aucune entente n’était « imminente ». « La croissance organique est un défi mais nous avons surmonté cette difficulté ces dernières années et nous espérons continuer à le faire […] Les acquisitions sont une alternative intéressante si jamais quelque chose se présente », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.


Des observateurs de l’industrie ont jugé que Metro pourrait utiliser le produit net de la vente d’actions de la chaîne de dépanneurs Alimentation Couche-Tard, évalué à environ 380 millions, pour réaliser une acquisition ou pour récompenser ses actionnaires. Metro pourrait notamment être tentée de racheter des entreprises du secteur canadien de l’épicerie ou de la pharmacie comme Overwaitea, Safeway Canada, Rexall ou Uniprix.


Elle a vendu 48,2 % de son investissement dans Couche-Tard à trois banques canadiennes pour 479 millions.


Entre-temps, Metro a indiqué avoir l’intention de racheter jusqu’à deux millions de ses actions ordinaires dans le cadre d’ententes privées à un prix inférieur à celui du marché. La société a obtenu le feu vert de la Bourse de Toronto pour racheter cette année jusqu’à six millions d’actions à des fins d’annulation, mais elle n’en a racheté que quatre millions pour chacune des deux dernières années. En tout, elle a racheté 21 millions d’actions ces cinq dernières années au coût de plus de 830 millions.


L’argent de l’investissement dans Couche-Tard va vraisemblablement permettre d’acheter d’autres actions cette année, mais aucune décision n’a encore été prise, a indiqué M. La Flèche. « Cela pourrait être une façon [de récompenser les actionnaires]. Il pourrait aussi y avoir des investissements pour accélérer la croissance, améliorer l’efficacité, augmenter la productivité. »


Un dividende spécial pourrait aussi être une possibilité, a-t-il indiqué, ajoutant que la société avait assez de flexibilité financière pour réaliser une acquisition. « Nous pourrions étudier pas mal n’importe quelle acquisition au Canada, c’est certain. Nous avons la capacité de les étudier - ce qui ne veut pas dire que nous le ferons, mais nous avons cette capacité. »

 

Expansion pour Adonis


Avec son partenaire de coentreprise, les fondateurs de la chaîne Adonis, Metro ouvrira cet été un nouveau magasin Adonis à Montréal, près de l’ancien Forum. Cette chaîne prendra aussi de l’expansion en Ontario avec l’ouverture, en avril, d’une succursale à Mississauga. Un deuxième magasin ontarien pourrait voir le jour plus tard cette année.


En plus d’oeuvrer dans un environnement difficile où les augmentations des prix des aliments sont faibles, Metro doit composer avec les effets de l’expansion de Wal-Mart, qui a mis la main sur de vieux magasins Zellers. Mais M. La Flèche estime que Metro pourrait en fait profiter de l’arrivée, ce printemps, de la chaîne américaine Target parce que les deux détaillants vont parfois se retrouver à l’intérieur d’un même centre d’achats. « Nous avons hâte de les avoir comme voisins. Avec un peu de chance, ils vont attirer plus de gens que les magasins précédents et compte tenu des restrictions des baux ou des exclusivités qui jouent en notre faveur, je ne crois pas qu’ils vont principalement se concentrer sur les aliments frais. »


Metro a annoncé lundi une hausse de son dividende trimestriel, lequel passe de 21,5 ¢ par action à 25 ¢ par action. Le nouveau dividende sera payable le 15 mars aux actionnaires inscrits en date du 19 février.

 

Bénéfice en hausse de 11 %


La chaîne de supermarchés a affiché une hausse de 11 % de son bénéfice net des activités poursuivies pour son premier trimestre. Ce profit s’est chiffré à 115 millions, soit 1,16 $ par action, ce qui se compare à un bénéfice de 104 millions, ou 1,01 $ par action, pour la même période un an plus tôt. Le chiffre d’affaires a avancé de 2,7 % à 2,7 milliards au cours du trimestre, par rapport à l’année précédente. Les ventes des magasins ouverts depuis au moins un an ont progressé de 1,5 %.


Par ailleurs, Éric La Flèche a critiqué les efforts du Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (Médac) pour forcer l’épicier à franciser son nom en apposant un accent aigu sur son « e ». Les actionnaires ont majoritairement rejeté cette idée lors de deux votes tenus mardi. M. La Flèche a fait valoir que personne ne se méprenait sur l’identité québécoise de Metro et sur ses racines profondes dans la province.

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