Marois célèbre les relations avec le Royaume-Uni

Pauline Marois a annoncé à Londres l’ouverture prochaine à Montréal d’une succursale de l’entreprise britannique Framestore.
Photo: Kirsty Wigglesworth Associated Press Pauline Marois a annoncé à Londres l’ouverture prochaine à Montréal d’une succursale de l’entreprise britannique Framestore.

Au premier jour de son voyage au Royaume-Uni, qui la conduira aujourd’hui en Écosse, la première ministre Pauline Marois a célébré lundi les relations économiques avec le second partenaire économique du Québec. Devant la chambre de commerce Canada -Royaume-Uni, elle a affirmé que, peu importe que le Québec devienne un jour indépendant, « la force de notre relation est là pour durer».

Joignant le geste à la parole, Pauline Marois a annoncé l’ouverture à Montréal d’une succursale de l’entreprise britannique Framestore, un des leaders internationaux des effets spéciaux. L’entreprise, qui a des bureaux à New York, à Londres et à Los Angeles, investira 5,9 millions de dollars. Sa filiale montréalaise travaillera essentiellement sur des productions cinématographiques destinées à Hollywood. Elle embauchera 200 techniciens et s’installera dans le quartier du Mile-End à Montréal.


Selon son président-directeur général, William Sargent, « Montréal est une ville parfaite pour Framestore, c’est une ville fascinante […]. Sa communauté artistique est très appréciée de l’industrie du film, du jeu et du logiciel ».


Mais ce sont les avantages financiers qui ont fait pencher la balance, reconnaît Pauline Marois. Le gouvernement québécois a consenti un prêt sans intérêt sur cinq ans de 900 000 dollars. Il en coûtera 35 000 dollars par année au contribuable, ce qui est peu pour « créer 200 emplois spécialisés et de qualité qui vont s’ajouter à la grappe des technologies de l’information et du multimédia », a dit Pauline Marois.


Parmi les conditions offertes par le gouvernement, le crédit d’impôt dont jouissent les productions multimédias a cependant été déterminant. Il permettra aux producteurs d’Hollywood détenteurs de la propriété intellectuelle d’un film de déduire 44 % de leurs frais en travaillant à Montréal plutôt qu’à Los Angeles ou à New York. L’économie peut atteindre 60 % si l’on y ajoute le crédit fédéral.


Les premières productions prévues à Montréal sont Robocop et All You Need Is Kill, mettant en vedette Tom Cruise. C’est Benoît Touchette, un ancien professeur d’histoire de 41 ans qui dirigera le bureau de Montréal. Selon le président d’Investissement Québec, Jacques Daoust, « il faut deux ou trois ans de travail pour aller chercher un contrat comme celui-là ».


Interrogé sur les craintes que pourrait susciter chez les investisseurs britanniques l’élection d’un gouvernement souverainiste au Québec, William Sargent a été catégorique. « Je ne vois pas quel effet ça pourrait avoir. Mes clients sont essentiellement les studios d’Hollywood. Ils sont très contents de faire des films au Québec. La collectivité québécoise a toujours été très accueillante. »


Libre-échange


Dans un discours bilingue devant une brochette de représentants des milieux économiques britanniques, Pauline Marois a affirmé à plusieurs reprises que le Québec était « ouvert » aux « investissements », aux « affaires » et au « commerce ». Le discours s’est ouvert sur un impair, la première ministre oubliant de saluer les dignitaires présents, dont l’ambassadeur canadien, Gordon Campbell, et le nouveau délégué général du Québec, Stéphane Paquet. La première ministre a livré un discours laborieux dans lequel elle a mis l’accent sur l’importance des relations économiques tout en mentionnant brièvement le Plan Nord, rebaptisé pour l’occasion le « Plan Nord pour tous ».


Interrogée sur l’accord de libre-échange Canada-Union européenne, dont les négociations sont dans leur phase finale, la première ministre a rappelé qu’il y avait des « questions intouchables », notamment la gestion de l’offre sur les produits agricoles. « Il va de soi que l’on va continuer à s’assurer que nos marchés intérieurs sont protégés », affirme Pauline Marois, qui se dit néanmoins optimiste. « Moi, je reste quand même assez positive sur cela. Tous les États du monde ont des restrictions dans l’un ou l’autre des champs qui les concernent. » Si l’entente ne fait pas l’affaire du Québec, celui-ci pourrait-il s’en retirer ? « C’est pas possible qu’on puisse le faire, répond Mme Marois. On s’est donné l’obligation d’entériner les accords par un vote à l’Assemblée nationale. Mais, dans les faits, cet accord s’appliquera puisque c’est le Canada qui a la responsabilité des ententes commerciales avec le reste du monde. Ce qui vous explique d’ailleurs pourquoi nous voudrions être souverains. » Plus tard, Pauline Marois a cependant reconnu que le Québec « pourrait ne pas appliquer » les clauses qui relèvent de ses compétences, comme l’avait souvent rappelé le premier ministre Jean Charest.


La première ministre a aussi rencontré lundi le sous-secrétaire parlementaire britannique des Affaires étrangères, Alistair Burt. Mais rien n’a filtré de cette rencontre.


 
1 commentaire
  • André Desgagnes - Inscrit 29 janvier 2013 18 h 13

    Un vrai pied de nez pour Pauline

    Selon la CBC, Pauline n'a eu aucune couverture médiatique et Le premier ministre écossais Alex Salmond a refusé de faire la photo!!!!