Moody’s décote six banques canadiennes

Photo: - Le Devoir

L’avertissement était venu le 26 octobre dernier, Moody’s plaçant alors les six institutions financières sous surveillance. Passant au geste, Moody’s a abaissé d’un cran, avec perspectives stables, la cote à long terme des banques de Montréal, Scotia, CIBC Nationale et TD, et celle de la Caisse centrale Desjardins. Exclue de la liste, la Royale avait vu sa cote abaissée en juin dernier dans le cadre d’un exercice de révision plus large de Moody’s touchant plus de 130 banques et institutions financières de calibre international.


Dans son analyse de lundi, l’agence new-yorkaise de notation a attribué sa décision à l’exposition de ces institutions à l’endettement record des Canadiens et au prix élevé des propriétés résidentielles. Ce faisant, elles sont plus vulnérables que par le passé à tout choc pouvant secouer l’économie canadienne. Moody’s souligne, malgré tout, que la cote des banques canadiennes demeure parmi les plus élevées au monde. Et parmi les banques canadiennes, la TD affiche la note la plus haute, à Aa1.


« Au 30 septembre 2012, le ratio dette/revenu disponible des ménages canadiens a atteint un record de 165 %, contre 137 % au 30 juin 2007, la croissance de la dette augmentant plus vite que celle des revenus. La progression de la dette est alimentée par la hausse du prix des propriétés résidentielles, ces prix ayant bondi d’environ 20 % depuis novembre 2007 », a mis en exergue David Beattie, vice-président de Moody’s. L’agence maintient son scénario de croissance pour l’économie canadienne, avec un PIB appelé à croître entre 2 et 3 % en 2013, mais elle estime que les risques d’un choc ou de perspectives plus sombres se sont accrus. Dans sa lecture d’octobre dernier, Moody’s prévoyait que la hausse des taux d’intérêt au Canada pourrait survenir à partir de 2014, pour se poursuivre en 2015.


Institutions les plus sûres


Malgré cette décote, Moody’s reconnaît tout de même le bon état de santé des institutions canadiennes. Un constat confirmé en août dernier par le magazine américain Global Finance. Dans le 21e classement annuel du magazine spécialisé, les banques canadiennes et la Caisse centrale Desjardins confirmaient leur domination dans la liste des institutions bancaires les plus sûres de l’Amérique du Nord. Elles étaient sept à figurer parmi les 50 plus fiables dans un classement où, côté européen, seules les grandes institutions bénéficiant de l’appui explicite de leur gouvernement coté triple A parvenaient à se distinguer.


Plus précisément, avec la Caisse centrale Desjardins, on dénombrait 7 institutions parmi les 50 plus sûres, contre 5 banques américaines. Le premier nom canadien, la TD, apparaissait au 11e rang, immédiatement suivi par celui de la Scotia. Le Mouvement Desjardins occupait le 16e rang, devançant la Banque Royale au 17e. La première banque américaine, Bank of New York Mellon Corp., apparaissait au 29e rang dans ce classement réalisé en date du 30 juillet 2012. Le classement de Global Finance est effectué parmi les 500 plus grandes institutions bancaires selon l’actif. Il s’inspire de l’évaluation de la qualité du crédit à long terme réalisée par les trois grandes agences de notation, soit Moody’s, S P et Fitch. Dans ce jeu, les banques canadiennes ressortent comme étant les plus performantes en Amérique du Nord.


Les dix premiers rangs étaient toutefois occupés par les plus grosses banques de l’Allemagne (quatre), des Pays-Bas (trois), de la Suisse, de la France et du Luxembourg. En Asie, les banques les plus fiables se retrouvaient à Singapour, alors qu’en Amérique latine elles se situaient au Chili.

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