La récession plane de nouveau sur le Royaume-Uni


	Le produit intérieur brut du Royaume-Uni s’est contracté de 0,3 % au quatrième trimestre par rapport au trimestre précédent.
Photo: Agence France-Presse (photo) Andrew Cowie
Le produit intérieur brut du Royaume-Uni s’est contracté de 0,3 % au quatrième trimestre par rapport au trimestre précédent.

Selon une première estimation publiée vendredi par l’Office des statistiques nationales (ONS), le produit intérieur brut du Royaume-Uni s’est contracté de 0,3 % au quatrième trimestre par rapport au trimestre précédent, qui avait bénéficié de l’effet des Jeux olympiques de Londres.


La forte baisse de la production industrielle, due notamment aux opérations de maintenance sur les installations pétrolières et gazières de la mer du Nord, a également pesé.


Si l’annonce d’une nouvelle contraction du PIB était attendue par les économistes, ce repli est toutefois supérieur à celui de 0,1 % sur lequel ils tablaient, selon un consensus établi par Dow Jones Newswires.


Sur l’ensemble de l’année 2012, l’économie est restée au point mort, a ajouté l’ONS, alors que les dernières prévisions officielles tablaient sur une légère contraction de 0,1 %.


Avec cette contraction du PIB au quatrième trimestre, qui pourrait toutefois être révisée lors des deux prochaines estimations, le Royaume-Uni a fait un premier pas vers sa troisième récession depuis le début de la crise financière en 2008-2009, alors qu’il vient à peine de sortir de la deuxième au troisième trimestre.


« L’économie est à mi-chemin d’une troisième récession », a commenté Howard Archer, économiste d’IHS Global Insight. Une récession est définie par deux trimestres consécutifs de contraction du PIB.


D’autant plus qu’« une autre contraction au premier trimestre est possible, en particulier à cause des problèmes dus à la neige », a estimé pour sa part Vicky Redwood de Capital Economics.


La livre sterling a immédiatement accéléré sa chute, tombant à son plus bas niveau depuis six mois face au dollar et depuis plus d’un an face à l’euro. La Bourse de Londres est en revanche restée insensible et évoluait en légère hausse.


La perspective d’une troisième récession accroît la pression sur le gouvernement du conservateur David Cameron, accusé par l’opposition travailliste d’avoir étouffé la croissance avec sa sévère cure d’austérité.


Réagissant à cette annonce, le ministre des Finances George Osborne a souligné que le pays faisait « face à une situation économique très difficile » due aux « dettes accumulées durant de nombreuses années » et aux « problèmes » de la zone euro.


Artisan d’une cure d’austérité sans précédent depuis l’arrivée du gouvernement au pouvoir en 2010, le chancelier de l’Échiquier exclut toutefois tout changement de cap malgré les appels pressants du Fonds Monétaire International.


Il avait pourtant été contraint d’admettre début décembre que sa cure de rigueur peinait à porter ses fruits et qu’elle allait devoir durer un an de plus, jusqu’en 2018.


« Nous pensons qu’un assainissement budgétaire plus lent d’une façon ou d’une autre pourrait être approprié », a déclaré jeudi le chef économiste du FMI, Olivier Blanchard, sur la BBC Radio 4.


« Nous avons dit que si les choses se présentaient mal début 2013 - ce qui est le cas - il faudrait revoir la politique budgétaire », a-t-il ajouté, appelant Londres à profiter de la présentation du budget en mars pour tempérer la rigueur.


« Je ne pense pas qu’il soit bon d’abandonner un plan de [réduction du] déficit crédible. La crédibilité est très dure à gagner et très facile à perdre », a rétorqué M. Osborne jeudi depuis Davos en Suisse, alors que le pays est de plus en plus sous la menace d’une perte de son sacro-saint triple A auprès des agences de notation.

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