Ultramar prête à investir pour accueillir le pétrole de l’Ouest

Ultramar vient de mandater une personne, qui s’est inscrite au Registre des lobbyistes du Québec, afin de faire valoir l’importance du projet d’inversion du pipeline auprès du gouvernement québécois.
Photo: La Presse canadienne (photo) Paul Chiasson Ultramar vient de mandater une personne, qui s’est inscrite au Registre des lobbyistes du Québec, afin de faire valoir l’importance du projet d’inversion du pipeline auprès du gouvernement québécois.

Si les autorités gouvernementales autorisaient le projet d’inversion du pipeline d’Enbridge, qui transporte du pétrole de Montréal à Sarnia, Ultramar investirait pas moins de 120 millions dans ses installations pour accueillir du brut de l’Ouest canadien.

Selon le porte-parole de l’entreprise, le projet revêt une importance cruciale pour l’avenir de la raffinerie de Lévis, mais Ultramar aurait alors besoin d’effectuer des ajustements significatifs, principalement à son terminal de Montréal.


« Si le projet se concrétise, notre intention serait de transporter le brut par navire, de Montréal à Lévis », a dit Michel Martin lors d’un entretien cette semaine. Un nouveau pipeline coule déjà de Lévis à Montréal pour le transport d’essence.


Le terminal montréalais d’Ultramar est le plus gros au Canada, a dit M. Martin, notamment parce que la compagnie a acquis l’ancien parc de stockage de la défunte raffinerie Gulf. « On a de la capacité pour accueillir du brut, on a déjà des installations, mais il faudra les ajuster. Ça serait des investissements importants. » De façon spécifique, la société investirait 100 millions à Montréal et 20 millions à Lévis.


L’inversion du pipeline, que craignent les écologistes, est cruciale au maintien de la compétitivité de la raffinerie, a dit M. Martin en répétant ce que l’entreprise soutient depuis déjà plusieurs semaines. Elle est rentable, mais « a plus d’enjeux de rentabilité maintenant qu’il y a deux ans ».


« Si on reste dans cette situation trop longtemps, alors que les autres raffineurs autour de nous vont tout faire pour avoir accès à ce pétrole-là, la compétitivité va s’éroder graduellement, et à un moment donné, la possibilité de justifier des projets de modernisation, d’accroissement de capacité, ne sera plus possible », a dit M. Martin. « Ce n’est pas du chantage, c’est pas des histoires, c’est la dure réalité du bassin de l’Atlantique, probablement le marché le plus compétitif sur Terre pour les raffineurs en ce moment. »


Ultramar vient d’ailleurs de mandater une personne, qui s’est inscrite au Registre des lobbyistes du Québec, afin de faire valoir l’importance du projet d’inversion auprès du gouvernement québécois. Selon le Registre, Jonathan Gagnon, de Tact Conseil, souhaite entrer en contact avec, entre autres, le cabinet de la première ministre, le ministère des Ressources naturelles et le ministère de l’Environnement.


Le document déposé au Registre indique notamment que « s’il se réalise, le projet permettrait à Ultramar [qui deviendrait une cliente éventuelle d’Enbridge] d’avoir accès à des pétroles de l’ouest du continent nord-américain [non disponibles en ce moment à l’entreprise] pour diversifier et sécuriser son alimentation en matière première, en tirant profit de prix compétitifs, et ainsi assurer sa compétitivité à long terme ».


Pétrole traité en Alberta


Présentement, tout le pétrole qui entre à la raffinerie de Lévis arrive par bateau et provient du bassin de l’Atlantique (depuis l’Afrique du Nord, la mer Noire, etc.). Le pétrole albertain arriverait ici après avoir subi un premier traitement de « valorisation » en Alberta.


« On ne traite que des pétroles légers, sinon ça demanderait des investissements colossaux à la raffinerie, ce qui n’est même pas justifiable dans le marché actuel », a dit M. Martin.


À l’origine, la Ligne 9 a déjà coulé de l’ouest vers l’est, mais a été inversée une première fois il y a plusieurs années. La société Enbridge a déposé une demande officielle à l’Office national de l’énergie le 29 novembre 2012. Des audiences auront lieu éventuellement.


Il existe une seule autre raffinerie au Québec : celle de Suncor à Montréal-Est. Avec celle de Shell, qui a cessé son raffinage en 2010, le traitement du pétrole représentait 20 % des émissions de gaz à effet de serre dans la métropole.


Suncor veut elle aussi le pétrole albertain pour sa raffinerie de Montréal-Est. La société est un joueur de taille dans le domaine de l’extraction en Alberta.

4 commentaires
  • Yvon Bureau - Abonné 26 janvier 2013 20 h 43

    À boycotter

    Choisir de faire le plein ailleurs.
    Acheter, c'est politique, c'est éthique !

  • André Michaud - Inscrit 27 janvier 2013 10 h 05

    Acheter canadien

    Bonne idée d'acheter canadien avant d'acheter de l'étranger. Sans parler des emplois créées.

    N'oublions pas en plus que l'Alberta nous donne en péréquation une partie de ses profits en pétrole, donc indirectement ce pétrole nous coûterait moins cher.

    En effet acheter, c'est aussi politique.

  • Alain Deloin - Inscrit 27 janvier 2013 13 h 10

    le boycott augmente la demande ailleurs

    dans votre station Petro Canada ou Shell, voire Mc Ewen... qui iront s'approvisionner chez Ultramar pour faire face a cette augmentation de demande. C'est dire si le boycott est totalement inutile.

    Le seul boycott utile serait de laisser sa voiture au garage.

    Le drame du petrole albertain c'est d'etre vendu tres en dessous des cours mondiaux faute de pouvoir etre desenclave. Une perte enorme pour le Canada et par voie de consequence pour le Quebec, premier beneficiaire de la perequation.

  • Liam O‘Doherty - Inscrit 27 janvier 2013 18 h 14

    Pétrole ailleurs

    Voulez vous consommer du petrole de l'Alberta ou celui de l'Arabie Saoudite ou les femmes n'ont pas le droit de conduire, ou le temoignage d'une femme n'est pas egale a celui d'un homme, la femme doit avoir la permission de son mari ou de son pere pour sortir de sa maison.