Forum économique mondial à Davos - Paris défend sa «super taxe» pour les plus riches


	« Situation exceptionnelle, effort exceptionnel, fortune exceptionnelle et donc taxation exceptionnelle, c’était ça, la logique », a affirmé vendredi le ministre français des Finances, Pierre Moscovici, pour justifier la « super taxe ».
Photo: Agence France-Presse (photo) Éric Piermont
« Situation exceptionnelle, effort exceptionnel, fortune exceptionnelle et donc taxation exceptionnelle, c’était ça, la logique », a affirmé vendredi le ministre français des Finances, Pierre Moscovici, pour justifier la « super taxe ».

Le ministre français des Finances, Pierre Moscovici, a expliqué, en anglais, lors d’une conférence de presse les objectifs de cette taxation « exceptionnelle », insistant sur son caractère transitoire.


Cette taxe de 75 %, qui n’aura que deux ans d’existence, ne touche que les plus riches des Français, pour leur revenu annuel au-dessus du million d’euros, a-t-il expliqué. Pour autant, il n’est pas question d’y renoncer en dépit des rumeurs insistantes en ce sens, et de son annulation par le Conseil constitionnel français, a-t-il insisté.


Car, a souligné le ministre, « il n’est pas illogique que ceux qui gagnent quand même beaucoup d’argent fassent cet effort temporaire ».


« Situation exceptionnelle, effort exceptionnel, fortune exceptionnelle et donc taxation exceptionnelle, c’était ça, la logique », a-t-il insisté.


La ministre française déléguée à l’Économie numérique, Fleur Pellerin, a reconnu de son côté avoir été interrogée sur cette taxe à Davos.


« J’ai participé à un groupe de travail sur la compétitivité et une question à ce sujet m’a été posée par un responsable de la banque Goldman Sachs », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse.


« C’est un milieu qui est très dominé par une pensée anglosaxonne, donc c’est vrai que quand on parle d’attractivité, de résilience de l’économie, etc., il y a pas mal de questionnement », a-t-elle ajouté.


Mais, « j’ai expliqué que cette taxation marginale n’est qu’un élément d’une décision, quand on s’interroge sur un investissement ou une installation en France », a-t-elle dit, en citant les « atouts de la France », comme « ses infrastructures, le coût de l’énergie, les crédits d’impôts pour la recherche et l’innovation, ainsi que les mesures récentes pour faire baisser le coût du travail ».


Le projet de taxation à hauteur de 75 % pour la part des revenus dépassant un million d’euros a déchaîné les passions en France, provoquant entre autres le départ en Russie de son acteur le plus célèbre, Gérard Depardieu, mais aussi inquiété certains investisseurs étrangers.


M. Moscovici a toutefois minimisé son impact à Davos, où des centaines de grands patrons et de responsables économiques se réunissent chaque année dans le cadre du Forum économique mondial.


« Je n’ai pas senti une préoccupation majeure à ce sujet-là, parce que chacun peut comprendre de quoi il s’agit », a-t-il assuré.

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