Une hausse des taux «moins imminente que prévu au Canada»

Pour une 19e décision consécutive, la banque centrale a laissé son taux d’intérêt directeur inchangé à 1 %, où il se trouve depuis près de deux ans et demi.


Mais la déclaration accompagnant sa décision sur la politique monétaire contenait plusieurs surprises, la plus importante étant un avis aux Canadiens et aux marchés financiers indiquant qu’une hausse des taux était « moins imminente que prévu auparavant ».


La Banque du Canada a dit inclure cet avis en partie parce qu’elle était moins inquiète du niveau record d’endettement des consommateurs et du marché de l’habitation, qui semblent tous deux se modérer. En outre, les pressions inflationnistes sont à leur plus faible niveau depuis la récession et l’indice des prix à la consommation pourrait rester aux environs de 1 % pendant encore une bonne période.


Le premier ministre Stephen Harper a indiqué que le gouvernement avait déjà tenu compte de la plus faible croissance de l’économie canadienne, ajoutant que le plus faible niveau d’activité nuisait aux revenus du gouvernement.


« Il y a eu un ralentissement généralisé de l’économie mondiale au cours des derniers six mois, alors c’est évidemment une source d’inquiétude pour nous. Et […] cela va vraisemblablement avoir un impact financier sur nous, un certain impact sur le rythme de la création d’emplois », a-t-il affirmé.


D’après la banque centrale, l’économie canadienne a crû d’environ un % au cours des trois derniers mois de l’année - et non de 2,5 %, comme elle l’avait prévu.


Par ailleurs, la banque a révisé à la baisse ses perspectives de croissance pour 2012 et 2013 - de trois dixièmes de point dans les deux cas - à 1,9 et 2,0 % respectivement. La banque se dit toujours confiante de voir l’économie reprendre de la vigueur, cependant, dès cette année et prendre de la vitesse en 2014, lorsque la croissance sera en moyenne de 2,7 %.


Compte tenu que l’économie ne devrait pas renouer avec sa pleine capacité avant la deuxième moitié de 2014, la banque dit qu’elle doit continuer à garder les coûts de l’emprunt à des niveaux favorables.


« Bien qu’une réduction modeste de la détente monétaire sera probablement nécessaire au fil du temps, de façon à atteindre la cible d’inflation de 2 %, les perspectives plus modérées en matière d’inflation et l’amorce d’une évolution plus constructive des déséquilibres dans le secteur des ménages laissent entrevoir qu’une telle réduction est moins imminente que prévu auparavant », a indiqué la banque.

 

Une direction claire


Lors d’une conférence de presse suivant la publication des perspectives, le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, a précisé que malgré le changement d’attitude de la déclaration, il croyait toujours que le prochain changement apporté au taux directeur, lorsqu’il surviendra, sera une hausse.


« La direction est claire, le moment a changé », a-t-il affirmé. « Mais c’est toujours la direction ultime. »

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