SNC-Lavalin aurait versé 160 millions à un fils de Kadhafi

D’anciens dirigeants de SNC-Lavalin auraient versé de l’argent et planifié l’exil de Saadi Kadhafi et de sa famille vers le Mexique.
Photo: Mahmud Turkia D’anciens dirigeants de SNC-Lavalin auraient versé de l’argent et planifié l’exil de Saadi Kadhafi et de sa famille vers le Mexique.

SNC-Lavalin a soutenu avoir découvert pour «la première fois», vendredi, les révélations fracassantes contenues dans un mandat de perquisition de la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Celles-ci font notamment état de pots-de-vin de 160 millions de dollars à un fils Kadhafi et de tentatives d’organiser l’exil de la famille Kadhafi vers le Mexique.


Le Groupe de lutte contre la corruption internationale de la GRC y affirme notamment que la société québécoise a payé 160 millions en pots-de-vin à Saadi Kadhafi pour obtenir des contrats en Libye.


D’anciens dirigeants de SNC-Lavalin auraient également planifié l’exil de Saadi Kadhafi et de sa famille vers le Mexique alors que la révolte faisait rage en Libye, peut-on lire dans le document de 59 pages obtenu par la voie des tribunaux par trois médias, soit le Globe and Mail, La Presse et le National Post.


Dans un communiqué transmis peu après la publication de ces informations, la multinationale a appelé à la prudence en plaidant que le mandat «contient de l’information non prouvée».


SNC-Lavalin a ajouté vouloir «régler cette situation rapidement devant les tribunaux» et a assuré qu’elle continuerait à «mettre tout en oeuvre pour aider les autorités à aller au fond des choses aussi vite que possible».


La vice-présidente principale des communications de SNC-Lavalin, Leslie Quinton, a refusé de préciser quelles informations en particulier étaient connues ou inconnues de l’entreprise.


Dans un courriel envoyé à La Presse canadienne, elle a écrit qu’«aucun commentaire ni aucune hypothèse ne sera émis sur l’information contenue dans la déclaration, et ce, pour éviter de compromettre les enquêtes en cours».

 

Autre tuile


C’est une autre tuile qui s’abat sur le géant québécois de l’ingénierie, qui a fait les manchettes à plusieurs reprises au cours des derniers mois pour des histoires de corruption.


En novembre dernier, les policiers de la Sûreté du Québec travaillant au sein de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) ont arrêté l’ex-pdg de l’entreprise, Pierre Duhaime. L’homme d’une cinquantaine d’années a été accusé de complot de fraude, de fraude et d’usage de faux documents.


Son successeur, l’Américain Robert Card, s’est engagé à faire du rétablissement de l’intégrité sa priorité à la tête de SNC-Lavalin.


L’action de l’entreprise perdait, vendredi après-midi, 43 cents à la Bourse de Toronto, s’échangeant à 44,70 $.