Le statisticien en chef de la Grèce défend ses chiffres

Athènes — Le président du service grec des statistiques, poursuivi pour une surévaluation présumée du déficit public de la Grèce en 2009, avec pour conséquence l’adoption de mesures d’austérité, a défendu jeudi ses comptes, avalisés par Eurostat, et critiqué la justice.
 
Visé depuis mercredi par des poursuites pour « fausse attestation au détriment de l’État », et « violation de devoir », Andréas Giorgiou a protesté de son respect des « règles » et de la « méthodologie » prescrites par Bruxelles.
 
Il souligne que depuis son arrivée en août 2010 à la tête du service des statistiques (Elstat), les calculs grecs « ont été avalisés sans aucune réserve » par Eurostat.
 
L’Elstat, rappelle-t-il, avait au contraire multiplié depuis 2004 les mises en doute des statistiques grecques, devenues emblématiques des trucages financiers avec l’éclatement de la crise de la dette.
 
M. Giorgiou juge « étonnante l’ouverture de poursuites une fois les comptes grecs avalisés » par Eurostat et « non pas quand les greek statistics préoccupaient la communauté internationale ».
 
La justice n’a jusque-là pas poursuivi les responsables d’Elstat en place sous le gouvernement conservateur de Constantin Caramanlis, qui avait laissé à son successeur socialiste un déficit public d’abord officiellement évalué à 6 % du PIB et finalement révisé à 15,4 % du PIB pour 2009.
 
M. Giorgiou affirme qu’il continuera à « scrupuleusement observer la loi » et les règles européennes. « Ce respect […] ne peut au final qu’être reconnu par la justice », conclut-il.
 
L’ex-premier ministre socialiste Georges Papandréou, évincé par son rival conservateur Antonis Samaras, qui dirige depuis juin un gouvernement de coalition avec les socialistes et la gauche modérée, avait pour sa part dénoncé des poursuites politiques.

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