Faites votre juste part!

David Cameron
Photo: Agence France-Presse (photo) Johnannes Essele David Cameron

Davos — Le premier ministre britannique David Cameron a instamment demandé à Davos aux entreprises de payer leur juste part d’impôts, ajoutant qu’il userait de sa position de président du G8 pour s’opposer à toute évasion et fraude fiscale.


Prenant la parole devant le Forum économique mondial (WEF) à Davos, David Cameron a estimé que trop de secteurs abusaient toujours de l’optimisation fiscale, après que la Grande-Bretagne eut annoncé l’année dernière la chasse à des multinationales telles que Starbucks, Google et Amazon, soupçonnées de tout faire pour payer le moins d’impôts possible en Europe.


« Lorsqu’on voit que certaines entreprises ne payent pas leurs impôts, c’est très mauvais pour la confiance publique », a-t-il ajouté dans un discours prononcé devant l’élite politique et économique mondiale.


« Nous voulons utiliser le G8 pour engager un débat plus sérieux sur l’évasion et l’optimisation fiscales, c’est un problème dont il faut parler à présent », a-t-il dit.


La Grande-Bretagne, a-t-il ajouté, mettra à profit sa présidence cette année du G8, le groupe des huit pays les plus riches au monde, pour entamer une action transfrontalière contre l’évasion fiscale.


David Cameron a notamment fustigé ceux qui s’installent dans un pays, et qui payent leurs impôts dans un autre, grâce une armada « d’avocats, de comptables et de gourous financiers ».


« Il faut qu’on agisse ensemble au niveau du G8 » contre ces pratiques, a-t-il déclaré.


« Je suis en faveur d’un faible taux d’imposition, je suis un conservateur qui aime les faibles impôts, mais je ne suis pas un conservateur en faveur de l’exemption d’impôts pour les entreprises », a-t-il dit.


La Grande-Bretagne a commencé le mois dernier une grande campagne contre « les fraudeurs fiscaux » et leurs « conseillers cowboys », pour récupérer deux milliards de livres sterling par an.


De grands groupes étrangers - américains en particulier - payent très peu, voire pas d’impôts sur les bénéfices, grâce à des artifices comptables comme le paiement de royalties pour l’utilisation de la marque ou le transfert de revenus vers une juridiction plus favorable.


La chancelière allemande Angela Merkel, également présente jeudi à Davos, a salué l’implication du G8 dans la lutte contre l’évasion fiscale. « Je pense que c’est un sujet extrêmement important et je pense que la régulation de la banque parallèle (shadow banking) doit occuper une place très importante au G20 », a déclaré Mme Merkel.


Taxand, qui se présente comme la principale organisation internationale de conseillers fiscaux aux multinationales, a souligné de son côté à l’adresse des responsables politiques la nécessité d’assurer un « équilibre » entre les contraintes des entreprises et des États.


Taxand s’est également dit peu favorable à une « harmonisation fiscale » préférant une négociation au cas par cas, en amont de chaque projet d’installation d’une multinationale, selon un communiqué publié après le discours de M. Cameron.

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