À 26 %, l’Espagne établit un nouveau record de chômage

À Santa Cruz de Tenerife, un homme fouille dans les poubelles à la recherche de nourriture.
Photo: Agence France-Presse (photo) Desiree Martin À Santa Cruz de Tenerife, un homme fouille dans les poubelles à la recherche de nourriture.

Madrid — L’année 2012 s’est achevée sur un nouveau record historique du chômage en Espagne, à plus de 26 % et 55 % chez les jeunes, au moment où la récession s’aggrave dans le pays, soumis à une rigueur draconienne qui éloigne la reprise.


Fin décembre, l’Espagne comptait presque six millions de chômeurs (5 965 400), soit 26,02 % des actifs, a annoncé jeudi l’Institut national de la statistique.


Sur les trois derniers mois de l’année, le taux de chômage a bondi d’un point et les prévisions du gouvernement, à 24,6 % pour la fin 2012, sont largement dépassées.


« C’est un taux très, très haut », souligne Soledad Pellon, analyste de la maison de courtage IG Markets, pour qui ce chiffre n’est toutefois « pas une surprise ».


« Nous nous attendons maintenant à ce que ce chiffre augmente durant 2013. Cette année ne va encore pas être une année de création d’emplois », ajoute-t-elle.


Alors que les prévisions du gouvernement situent le chômage à 24,3 % à la fin 2013, cette analyste estime « très probable » un taux de 26,8 % ou 26,9 % cette année et aucune création d’emplois avant 2014.


L’aggravation du chômage est particulièrement dramatique chez les jeunes, avec 55,13 % des 16-24 ans sans emploi, et dans certaines régions. L’Andalousie, dans le sud, à l’économie sinistrée depuis l’éclatement de la bulle de la construction en 2008, atteint ainsi un nouveau pic de 37,52 %.


Parmi les mauvaises nouvelles, le nombre de foyers dont tous les membres actifs sont au chômage atteint 1 833 700, soit 95 800 foyers de plus qu’à la fin septembre et plus d’un foyer espagnol sur dix.

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