Le FMI fait preuve d’optimisme


	Scène de la vie quotidienne à Athène, où les employés du métro poursuivaient la grève entreprise sept jours plus tôt afin de protester contre les coupes de salaire qui leur ont été imposées pour aider l’État à assainir ses finances. Les principaux risques qui pèseront sur l’économie mondiale en 2013 viendront de la zone euro, a indiqué le Fonds monétaire international mercredi.
Photo: Agence France-Presse (photo) Aris Messinis
Scène de la vie quotidienne à Athène, où les employés du métro poursuivaient la grève entreprise sept jours plus tôt afin de protester contre les coupes de salaire qui leur ont été imposées pour aider l’État à assainir ses finances. Les principaux risques qui pèseront sur l’économie mondiale en 2013 viendront de la zone euro, a indiqué le Fonds monétaire international mercredi.
Ottawa et Washington – Les économies mondiale et canadienne peineront encore à conserver leur élan en 2013, mais dans de nouvelles prévisions relativement optimistes rendues publiques mercredi, le Fonds monétaire international (FMI) soutient entrevoir la lumière au bout du tunnel.

Le FMI s’attend maintenant à ce que la croissance de l’économie canadienne atteigne un modeste 1,8 % en 2013 — deux dixièmes de point de moins que ce qui était prévu il y a trois mois — et 2,3 % au lieu des 2,4 % auparavant prévus pour 2014.

En ce qui concerne l’économie mondiale, l’organisation prévoit une croissance de 3,5 %, ce qui est légèrement inférieur aux pronostics du mois d’octobre mais tout de même supérieur au taux de 3,2 % enregistré l’an dernier.

En 2014, le FMI prévoit que l’économie globale atteindra 4,1 %. Il s’agirait du taux le plus élevé en trois ans.

Il faut toutefois garder en tête que l’économie mondiale sort à peine d’une zone de turbulence, a rappelé l’organisation financière internationale.

Ainsi, les gestes que poseront les gouvernements et les banques centrales aux quatre coins de la planète pourraient porter leurs fruits et avoir des conséquences positives sur les données économiques, selon le FMI.

La croissance mondiale sera notamment freinée par les nouvelles « faiblesses » d’une zone euro qui se dirige vers une deuxième année consécutive de récession, estime le FMI.

« La zone euro continue de représenter un risque considérable pour les perspectives de l’économie mondiale », souligne l’institution de Washington dans la mise à jour de ses perspectives économiques.

En dépit de quelques « progrès », la zone euro suscite encore les plus grandes inquiétudes. « L’activité dans la périphérie de la zone euro a été encore plus déprimée que prévu, avec des signes de retombées plus marquées » sur le noyau dur de la région, souligne le Fonds.

L’institution révise donc ses calculs : alors qu’elle prévoyait jusque-là un timide retour à la croissance cette année (+0,2 %), elle prédit désormais une deuxième année de récession 

(-0,2 %) pour la zone euro où trois pays (Grèce, Irlande, Portugal) sont sous assistance financière, en attendant peut-être Chypre.

Selon le FMI, l’« incertitude » demeure par ailleurs sur l’issue de la crise en Europe et une « stagnation prolongée » n’est pas exclue si l’élan réformateur (supervision bancaire, union politique…) tourne court.

Dans ce contexte, la France voit encore sa prévision abaissée cette année, de 0,4 % à 0,3 %, alors que le gouvernement continue d’espérer bien mieux (+0,8 %). L’Allemagne voit sa prévision sabrée de 0,3 point, à +0,6 %.

D’une simple phrase, le rapport tente de refermer le débat — qui traverse le FMI lui-même — sur les dangers de l’austérité en Europe : « Les pays de la périphérie doivent poursuivre leur ajustement » budgétaire, tranche le Fonds.

Partisan d’une ligne moins rigide, le chef économiste du FMI, Olivier Blanchard, a rappelé que l’organisation avait assoupli certains plans d’austérité (Portugal, Grèce…) mais il a martelé que les mesures d’économies restaient indispensables. « Plus la croissance est lente, plus les besoins de financement [des pays] sont importants et il n’y a pas de source de financement infinie », a-t-il souligné.

Tournant son regard vers les États-Unis, le FMI appelle la première puissance économique mondiale à éviter une réduction « excessive » de ses déficits « à court terme » pour ne pas étouffer une croissance fragile, qui devrait plafonner à 2 %.

Début janvier, la cure d’austérité du « mur budgétaire » a été évitée in extremis aux États-Unis, mais des coupes massives dans les dépenses publiques ne sont pas exclues.

La croissance mondiale devrait à nouveau être tirée par les grands pays émergents. Le PIB chinois devrait progresser de 8,2 % cette année, suivi par l’Inde (5,9 %) ou le Brésil (3,5 %), selon le Fonds. L’Afrique subsaharienne devrait, elle, croître de 5,8 %.

Le FMI s’est également inquiété d’une déconnexion entre l’« optimisme » des marchés financiers et la morosité de l’économie réelle.

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Avec l’Agence France-Presse