L’optimisme est de mise à Davos


	Christine Lagarde, directrice générale du FMI
Photo: Agence France-Presse (photo) Johannes Eisele
Christine Lagarde, directrice générale du FMI
Davos – L’élite financière mondiale a renoué cette année à Davos avec un certain optimisme, tempéré néanmoins par les risques d’une rechute qu’un relâchement des efforts, concernant par exemple la finance internationale, ferait peser sur l’économie mondiale encore fragile.

« La pression à court terme a diminué, mais elle est toujours là sur le long terme », a averti la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, devant un parterre d’hommes d’affaires et de responsables politiques, réunis dans cette station de ski suisse.

Les risques sont toujours bien présents, dans la plupart des économies avancées, selon la patronne du FMI. « Je pense qu’il y a des menaces qui pointent à l’horizon si ces pays relâchent leurs efforts de réformes », de peur d’accroître les tensions sociales », a-t-elle ainsi averti les participants à cette 43e édition du Forum économique mondial (WEF).

« Les mesures politiques impopulaires peuvent pourtant être soutenues si elles sont simplement expliquées et si leurs effets sont également répartis pour éviter le sentiment d’injustice », a fait valoir sur ce point le président du Conseil italien Mario Monti, dans un discours devant le Forum.

Mme Lagarde a en outre mis en garde contre le risque social que les inégalités continuent de créer, après plus de cinq ans de crise. « Des inégalités trop fortes sont nuisibles à la croissance, elles sont nuisibles à l’ensemble de la société », a averti Mme Lagarde.

Mais c’est surtout le relâchement dans les efforts de régulation du système bancaire et financier que Mme Lagarde redoute. « Finir le travail des réformes du secteur financier est une priorité. Or, nous voyons déjà trop de signes de fléchissement », a déploré la directrice générale du Fonds.

Les banquiers, toujours fortement représentés à Davos, ont à nouveau été mis sur la sellette, dans certains débats.

Le secteur bancaire est « trop gros, trop opaque et trop endetté », a ainsi résumé Paul Singer, pourtant patron d’Elliot Management, un fonds spéculatif.

« Je pense que les banques doivent tourner la page de la crise, beaucoup d’entre elles se portent bien, elles continuent à se développer et à prêter de l’argent », s’est défendu de son côté le patron de la banque d’affaires américaine JP Morgan, Jamie Dimon.

Si banquiers et régulateurs « font les choses correctement, on s’en sortira. Si nous ne le faisons pas, ça peut encore durer dix ans », a assuré M. Dimon, parfois agacé par les critiques exprimées à l’encontre des banquiers.

« Je pense que nous faisons les choses correctement, il y a tellement de désinformation », a-t-il lancé.

Une cinquantaine de chefs d’État et de gouvernement vont retrouver jusqu’à samedi, dans l’imposant centre des congrès de la station de ski, des centaines de grands patrons, économistes, experts et journalistes venus de toute la planète.

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