Le déficit de la Grèce de 2009 aurait été gonflé par le statisticien en chef

Les poursuites pour le crime de « fausse attestation au détriment de l’État », et le délit de « violation de devoir », ont été ordonnées par les procureurs financiers Georges Peponis et Spyros Mouzakitis, à l’issue d’une enquête entamée à l’automne 2011, sur la base d’accusations d’une cadre remerciée des services statistiques grecs (Elstat).


Les poursuites visent aussi deux autres cadres dirigeants, responsables des comptes nationaux et des recherches statistiques, a précisé la même source.

 

Les secours extérieurs


M. Giorgiou, 51 ans, passé par le service statistique du FMI, avait été accusé en 2011 par une cadre démissionnaire de ses services, Zoé Georganta, d’avoir artificiellement gonflé le déficit public grec pour 2009, légitimant ainsi le recours du pays à l’aide financière UE-FMI en contrepartie d’une rigoureuse cure d’austérité, toujours en vigueur.


Nommé en août 2010, soit quatre mois après ce recours, ce responsable avait rejeté ces accusations, défendant la justesse de ses comptes. Une éventuelle démission n’est pas à l’étude dans l’immédiat, a-t-on indiqué dans son entourage.


Les procureurs ont pour leur part fait état d’indices d’infraction, et confié l’instruction à un juge anticorruption, a indiqué la même source judiciaire. Ils ont demandé que d’éventuels « instigateurs moraux » soient recherchés.


M. Giorgiou avait été chargé par le gouvernement socialiste de l’époque, depuis évincé, de recrédibiliser Elstat, accusé d’avoir contribué au maquillage des comptes grecs en mettant à profit l’absence de vigilance de l’agence européenne Eurostat.


Le déficit public de la Grèce pour l’année 2009 avait été revu en novembre 2010 à la hausse, à 15,4 % du PIB, contre une précédente estimation à 13,6 %.


Il s’agissait d’une quatrième révision dans le cadre de la remise à plat des comptes grecs, qui avait valu aux Grecs de nouveaux sacrifices pour tenir les objectifs d’assainissement budgétaire convenus avec la zone euro et le FMI.


Elle avait été avalisée par Eurostat.


La première réévaluation des comptes grecs, à l’arrivée au pouvoir des socialistes en octobre 2009, a été le déclencheur de la crise de la dette en Grèce et dans la zone euro.

 

Responsabilités politiques


L’affaire avait été transmise courant 2012 au Parlement, pour examiner d’éventuelles responsabilités politiques, mais sur la base des travaux d’une commission d’enquête, les députés n’avaient pas donné suite.


Interrogée mardi sur la radio athénienne Skaï, Mme Georganta a pour sa part d’abord accusé le premier ministre et le ministre des Finances de l’époque, Georges Papandréou et Georges Papaconstantinou, d’avoir approuvé le présumé maquillage comptable, avant de déclarer qu’elle ne savait pas s’ils y avaient participé.


Elle a aussi accusé la direction d’Eurostat d’avoir couvert l’affaire, lui imputant des ambitions politiques.

À voir en vidéo